Les parlementaires fédéraux prendront connaissance avec intérêt des résultats du Moniteur financier 2013 réalisé par l’institut gfs.berne pour le compte d’economiesuisse. Car, dans plusieurs domaines, les attentes exprimées dans cette enquête d’opinion ne recoupent pas certaines décisions qui sont prises sous la Coupole.

Le sondage confirme une disposition peu marquée des citoyens pour des hausses d’impôts ou de taxes. Voilà qui contraste avec le regard goulu que les partis ou l’administration portent sur la TVA, que l’on rêve d’augmenter pour financer les retraites, les transports ou pour compenser les baisses de recettes qu’induiront les nouveaux régimes fiscaux appliqués aux entreprises. Le peuple risque de confirmer sa méfiance face au renchérissement des taxes le 24 novembre, lorsqu’il sera appelé à se prononcer sur la vignette à 100 francs.

Le Moniteur financier traduit également une volonté assez nette d’étendre le mécanisme du frein à l’endettement aux assurances sociales, notamment – et c’est étonnant – auprès des sympathisants des Verts. On se réjouit de voir quel sort sera réservé à ce projet le jour où il sera soumis au parlement.

L’enquête trace aussi des pistes pour réduire les dépenses de l’Etat. L’asile vient en tête, ce qui ne surprend pas et fait écho au verdict très clair du peuple suisse lors de la votation du 9 juin. Par contre, une majorité de 51% souhaite que l’on diminue les dépenses de l’armée. Cela devrait faire réfléchir la majorité de droite qui, contre vents et marées, fait le forcing pour relever le budget militaire.

Le sondage montre encore que, si le Conseil fédéral, le parlement dans son ensemble et la ministre des Finances, Eveline Widmer-Schlumpf, ont la confiance d’une majorité des personnes interrogées, la crédibilité des partis politiques, tous bords confondus, s’effrite. On relèvera d’ailleurs que celle d’economiesuisse, qui a pourtant commandé cette enquête, connaît le même sort, ce qui s’explique par les turbulences récentes et la campagne ratée contre l’initiative Minder.

Un sondage n’est qu’une prise de température momentanée. Celui-ci dégage cependant des tendances que les partis auraient tort d’ignorer.