Récidivistes de l’appel à la haine
Ce mercredi, la procureure de la Confédération n’a pourtant requis que 24 mois de prison avec sursis contre les trois intégristes, jugeant leur responsabilité moyenne. Pourtant, ces hommes sont des récidivistes de la provocation, de l’appel à la haine et de la désobéissance aux lois suisses. Alors, pourquoi ce sursis? Et si la diffusion d’une vidéo incitant au djihad n’implique qu’une «responsabilité moyenne», alors à quoi sert la loi? Pourtant, la conseillère d’Etat Géraldine Savary, membre de la Commission de la politique de sécurité, dénonçait avec justesse en 2017 le CCIS d’être «une structure opaque menant des activités criminelles». Qu’attend-on pour interdire ce nid de barbus vicelards? Faudra-t-il que ses dirigeants narguent encore longtemps nos institutions avant que nous montrions un tant soit peu de fermeté?
De la même façon que nous avons fermé les yeux sur la duplicité de Tariq Ramadan, ses faux diplômes et ses discours lénifiants, au point d’en faire un «expert consultant dans diverses commissions attachées au Parlement de Bruxelles» et un incontournable du «travail associatif aussi bien qu’académique dans les domaines de la théologie, l’éthique, la justice sociale, l’écologie et le dialogue interreligieux», dixit son propre site, on a oublié cette vidéo du CCIS impunément diffusée en 2014. Elle s’achevait sur l’image d’un musulman plantant un drapeau islamiste sur un sommet dominant le paysage suisse avec ce commentaire en off: «Vous pouvez bannir nos minarets, nos voiles, nos niqabs et même nos conférences […] Mais sachez que nous sommes là, nous n’allons pas partir. Attendez-vous à nous. A tout moment. N’importe où.» C’était exactement une menace, même pas déguisée. Mais nous sommes tellement conciliants, ou tellement lâches, que nous accordons le sursis et que nous jugeons la responsabilité de ces gens «moyenne».
Pétris de bonnes intentions
Tout ce que nous trouvons à faire, exactement dans le même temps, c’est de débloquer 5 millions pour lutter contre la radicalisation. La belle affaire! On a vu en France à quoi cela a servi. Des montants gigantesques ont été consacrés à faire jouer les prisonniers au foot, et à instaurer des cours de boxe ou des initiations aux sports de combat dans les prisons! Bien sûr nous, Suisses, sommes plus pragmatiques mais il faudra surveiller de près l’attribution de ces budgets et l’utilité de ces mesures car nous ne sommes pas loin de nous ridiculiser à force d’être pétris de bonnes intentions, de toujours nous sentir coupables, de donner raison à l’autre qui nous conspue. Tous nos accommodements raisonnables ne sont que refus d’assumer le conflit.
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