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Le porte-parole du CCIS, l’idéologue Qaasim Illi (au centre de l’image), est un personnage sulfureux déjà condamné il y a plus de dix ans pour propos antisémites, détention de matériel pornographique illégal, et violation de la loi sur la possession…
© Alessandro Crinari

Chronique

Salafisme en Suisse: le procès qui en dit long

OPINION. Cela fait longtemps maintenant que le Conseil central islamique en Suisse nargue nos lois et nos institutions. Trois de ses représentants sont actuellement devant les juges du Tribunal pénal fédéral de Bellinzone pour un procès dont l’issue irrite notre chroniqueuse, Marie-Hélène Miauton

Le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone instruit en cette fin de semaine un procès d’ores et déjà très instructif, même si l’on en ignorera l’issue durant une dizaine de jours encore. Trois représentants du Conseil central islamique de Suisse (CCIS) sont accusés par la Confédération de propagande terroriste en violation de la loi fédérale. Pour l’accusation, le vidéaste Naim Cherni a bel et bien filmé avec complaisance un islamiste dangereux, recruteur de djihadistes, et le CCIS l’a bel et bien diffusée à des fins de propagande sans aucune mise en perspective des propos tenus. Pourtant, le directeur du Centre, Nicolas Blancho, avec son perpétuel sourire narquois, affirme au contraire qu’il s’agissait de mettre en garde contre l’extrémisme. Quel culot!

Cet homme-là est bien connu de la population qui en a soupé, de ses provocations, lui qui milite pour introduire la charia, la polygamie pour tous, et qui estime que la lapidation est une valeur de sa religion sans toutefois qu’elle soit applicable en Suisse (quel dommage)! Quant au porte-parole du CCIS, l’idéologue Qaasim Illi, c’est un personnage sulfureux déjà condamné, il y a plus de dix ans, pour propos antisémites, détention de matériel pornographique illégal, et violation de la loi sur la possession des armes. C’est donc du très beau monde qui se tient devant les juges fédéraux au Tessin.

Récidivistes de l’appel à la haine

Ce mercredi, la procureure de la Confédération n’a pourtant requis que 24 mois de prison avec sursis contre les trois intégristes, jugeant leur responsabilité moyenne. Pourtant, ces hommes sont des récidivistes de la provocation, de l’appel à la haine et de la désobéissance aux lois suisses. Alors, pourquoi ce sursis? Et si la diffusion d’une vidéo incitant au djihad n’implique qu’une «responsabilité moyenne», alors à quoi sert la loi? Pourtant, la conseillère d’Etat Géraldine Savary, membre de la Commission de la politique de sécurité, dénonçait avec justesse en 2017 le CCIS d’être «une structure opaque menant des activités criminelles». Qu’attend-on pour interdire ce nid de barbus vicelards? Faudra-t-il que ses dirigeants narguent encore longtemps nos institutions avant que nous montrions un tant soit peu de fermeté?

De la même façon que nous avons fermé les yeux sur la duplicité de Tariq Ramadan, ses faux diplômes et ses discours lénifiants, au point d’en faire un «expert consultant dans diverses commissions attachées au Parlement de Bruxelles» et un incontournable du «travail associatif aussi bien qu’académique dans les domaines de la théologie, l’éthique, la justice sociale, l’écologie et le dialogue interreligieux», dixit son propre site, on a oublié cette vidéo du CCIS impunément diffusée en 2014. Elle s’achevait sur l’image d’un musulman plantant un drapeau islamiste sur un sommet dominant le paysage suisse avec ce commentaire en off: «Vous pouvez bannir nos minarets, nos voiles, nos niqabs et même nos conférences […] Mais sachez que nous sommes là, nous n’allons pas partir. Attendez-vous à nous. A tout moment. N’importe où.» C’était exactement une menace, même pas déguisée. Mais nous sommes tellement conciliants, ou tellement lâches, que nous accordons le sursis et que nous jugeons la responsabilité de ces gens «moyenne».

Pétris de bonnes intentions

Tout ce que nous trouvons à faire, exactement dans le même temps, c’est de débloquer 5 millions pour lutter contre la radicalisation. La belle affaire! On a vu en France à quoi cela a servi. Des montants gigantesques ont été consacrés à faire jouer les prisonniers au foot, et à instaurer des cours de boxe ou des initiations aux sports de combat dans les prisons! Bien sûr nous, Suisses, sommes plus pragmatiques mais il faudra surveiller de près l’attribution de ces budgets et l’utilité de ces mesures car nous ne sommes pas loin de nous ridiculiser à force d’être pétris de bonnes intentions, de toujours nous sentir coupables, de donner raison à l’autre qui nous conspue. Tous nos accommodements raisonnables ne sont que refus d’assumer le conflit.


Peu avant le procès: Les salafistes suisses transforment leur procès en show médiatique

Notre article au début du procès: A Bellinzone, un choc entre islamistes muets et procureure loquace

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