L’UDC traverse une mauvaise passe. Du moins en Suisse romande, où l’actualité tourne à la série noire pour le parti.

On connaissait ses difficultés pour les postes d’exécutif. Elles ont été confirmées avec éclat par la récente éjection d’Oskar Freysinger. Elles l’avaient été quelques mois plus tôt par l’échec du candidat au gouvernement fribourgeois, Stéphane Peiry, malgré la grande alliance de droite nouée dans ce canton.

La déroute subie dimanche aux élections neuchâteloises, où cette formation perd la moitié de ses sièges au Grand Conseil, semble ouvrir un nouveau chapitre: c’est la première fois, dans les élections cantonales et fédérales de la période récente, qu’un repli s’exprime au niveau d’un parlement.

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L’élection du Vaudois Guy Parmelin au Conseil fédéral avait suscité de grands espoirs dans les rangs romands de l’UDC, en retard sur l’opinion par rapport aux Alémaniques. Or la promotion du Vaudois n’a nullement été suivie d’un «effet Parmelin». Au contraire, si l’on ajoute au tableau les déboires éthyliques de Céline Amaudruz, vice-présidente suisse, il apparaît que le parti a un sérieux problème de leadership de ce côté de la Sarine.

Mais peut-on faire le lien entre toutes les déconvenues de l’UDC en Suisse romande? La réponse est loin d’être évidente, tant la situation et l’histoire des sections cantonales sont différentes, les unes étant totalement dépourvues des racines agrariennes encore vivaces dans les autres.

Les stratèges du parti savent-ils du reste encore à quel saint se vouer? Le cas Freysinger démontre que les outrances ne paient pas longtemps auprès des électeurs. Pour autant, les candidats passe-partout, qui peinent à convaincre qu’ils ont les moyens de leur ambition, n’offrent pas davantage une garantie de succès dans un scrutin majoritaire pour un poste de ministre. Au Vaudois Jacques Nicolet, sur qui repose le dernier espoir de l’UDC romande pour les prochains mois, de prouver le contraire.

La Suisse romande s’aligne

Il se peut que le contexte international joue un sale tour aux candidats de ce bord. Ceux qui se voyaient déjà portés par la vague trumpienne, comme la marée blochérienne avait élevé leurs prédécesseurs, déchantent. Les électeurs peuvent apprécier de voir le pays secoué par le parti nationaliste, ils ne font pas forcément le pas quand celui-ci devient le faire-valoir de modèles étrangers qui font peur.

Mais les déboires actuels de l’UDC doivent être relativisés. Ses positions ont été reprises par d’autres, un phénomène dont les Verts ont déjà souffert. Prenez la libre circulation, la politique d’asile, la tolérance religieuse. Alors que la Suisse romande a longtemps prôné une large ouverture dans ces trois domaines, revendiquant parfois sa différence avec le reste du pays, elle est aujourd’hui en train de s’aligner.

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