Pour le dire sobrement, la jeunesse déterminée à sauver le monde aura connu période plus enthousiasmante que la deuxième quinzaine de septembre. 2020 s’entend. L’année avait pourtant commencé sur les chapeaux de roues pour les éco-anxieux, puisque c’est comme ça qu’il faut dire. Acquittement général des activistes de Renens, absous de leur effraction tennistique au Credit Suisse par la grâce de l’état de nécessité. C’était en janvier.

Dans la foulée des grèves du vendredi et sur fond de carrefours pacifiquement bloqués, l’heure était à l’affirmation publique, politique, et surtout juridique, d’une sorte de primauté de l’urgence physique, thermique, existentielle, sur l’ordre patiemment établi. Brusquement sorties de leur ronron, les institutions, et nos habitudes avec elles, étaient invitées à prendre la mesure du danger et à se remettre fissa en question. Question de vie ou de mort.