Revue de presse

Ce samedi, le 20e anniversaire du «Temps» se célèbre en 124 pages

Le 18 mars 1998 paraissait le premier numéro du quotidien issu de la fusion du «Journal de Genève et Gazette de Lausanne» et du «Nouveau Quotidien». Vingt ans plus tard, ses équipes proposent deux opérations spéciales à découvrir en kiosque

Vingt ans! Deux décennies que Le Temps et son pendant numérique, LeTemps.ch, ont pris leur envol dans le paysage des médias suisses. L’anniversaire se fête doublement, fastueusement, d’un regard dans le rétroviseur avec un numéro spécial de 56 pages de l’édition quotidienne. Et aussi avec un coup de projecteur vers l’avenir.

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La version imprimée de ce journal revient sur la naissance du titre, sur son évolution au fil des années et sur celle du monde, dans toutes ses dimensions, qui a mué de manière spectaculaire depuis 1998, Ier millénaire, XXe siècle… Un monde qu’il s’est donné pour tâche d’éclairer et de faire comprendre. De mieux accepter parfois. Pour accompagner ces deux cahiers exceptionnels, le magazine T, lui, se propulse en 2038 et passe au crible de la futurologie l’essence de ce qui nous fait tels que nous sommes.

A l’époque, le Journal de Genève et Gazette de Lausanne et Le Nouveau Quotidien étaient devenus de frêles esquifs, dont le mariage «dans le bruit et la fureur» ressemblait à celui de la carpe et du lapin, se moquaient les plus sceptiques. Un «couple hétéroclite», dit plus sobrement aujourd’hui Eric Hoesli, le premier rédacteur en chef de ce média composé de deux équipages préexistants qui allaient hisser les voiles de la nouvelle caravelle.

Puis tout est allé très vite. Car ça passe vraiment vite, vingt ans. Le copieux premier numéro du Temps (64 pages!) a marqué, à l’aube du printemps 1998, le début d’une double décennie dont on mesure aujourd’hui toutes les mutations en le relisant. Avec notamment, ces deux grands événements qui ont fait l’histoire de la Suisse, le crash du vol SR 111 à l’automne 1998 et le 20e Grand Chelem de Roger Federer en cet hiver 2018.

Mais entre-temps, que d’autres événements! Que de séismes! Il suffit d’évoquer les attentats du 11-Septembre, la fortune du blochérisme en Suisse, les grands disparus comme Yasser Arafat ou Nelson Mandela, les Printemps arabes et l’arrivée de deux hommes totalement inédits à la Maison-Blanche: un Noir, un blond… Que de perles ont été semées sur ce chemin passionnant, qu’on redécouvre également avec les meilleurs dessins de Chappatte, mais aussi par le regard de ceux qui avaient 20 ans… il y a vingt ans, ces millennials qui ont révolutionné notre société contemporaine. Et qui ont également fait de la Suisse un pays plus cool qu’il n’en a l’air, avec ses nouveaux quartiers urbains, son industrie en transformation continue vers l’ère numérique.

Une Suisse anachronique

C’était mieux avant? Pas forcément. Si l’on remonte le cours de ces deux décennies, on réalise que la Suisse se révélait alors bien anachronique, avec ses clopes fumées au bistrot et son secret bancaire qu’elle défendait encore jalousement. On réalise aussi un peu mieux que le reste du monde, lui, est allé de convulsion en convulsion, au Kosovo, en Serbie, en Irak, en Syrie, ailleurs encore. Sans compter l’augmentation considérable des actes terroristes et d’une Union européenne qui, d’abord élargie, se révèle très désenchantée en 2018. Pour elle, le philosophe Bernard Stiegler plaide en faveur d’«une disruption positive».

Ce, sans compter la Chine, qui a transformé la planète entière, ou le réchauffement climatique qui menace cette dernière. Un homme, encore, est apparu presque au même moment que Le Temps. Il s’appelle Vladimir Poutine. Le chef du Kremlin n’a plus quitté le devant de la scène depuis et s’apprête à gouverner la Russie pour la quatrième fois dès la semaine prochaine. Il devrait terminer ce nouveau mandat en 2024.

T, un magazine de futurologie

Qu’en dira alors Le Temps? Quel bilan tirera-t-il de ce quart de siècle de poutinisme triomphant? Bien malin qui pourrait le dire aujourd’hui. Bien plus malin encore celui qui pourrait imaginer à quoi ressemblera notre vie dans vingt ans, exercice auquel s’est livré le magazine T. Soixante-huit pages pour nous dire si les robots nous auront tous mis sur le carreau ou si les drones auront remplacé les facteurs, la médecine vaincu le cancer. A ce sujet, nous avons interrogé des experts dans tous les domaines, de la philosophie à l’architecture, de l’alimentation à la mobilité, de la sociologie à la santé, pour savoir comment nos lendemains chanteront… ou déchanteront.

Mais en attendant l’an 2038, champagne! Le Temps et ses lecteurs, ses équipes et ses annonceurs, ses internautes se souhaitent un heureux 20e avec ce menu gargantuesque, à découvrir en kiosque ce samedi matin, 17 mars 2018.

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