Tout à coup, il a fallu tenir compte de la dimension de politique internationale, mesurer l’impact que les décisions du Conseil fédéral avaient en Europe et au-delà, et corriger la position. Ce ne fut le cas l’an dernier ni pour ce qui est de l’achat de l’avion de combat – le Conseil fédéral s’était interdit de considérer l’aspect politique de son choix – ni lors de la rupture abrupte des négociations avec l’UE. Appliquer intégralement les sanctions de l’Union européenne à l’égard de la Russie n’allait pas de soi. C’est bel et bien un tournant que la Suisse a pris et qu’elle a tort de vouloir nier. Comme pour l’abandon du secret bancaire, en 2009, la pression de pays amis a été l’un des facteurs principaux du revirement de Berne. Chaque conseiller fédéral a reçu un appel d’un collègue européen ou transatlantique.