Qu’un seul être vous menace, et tout est dangereux… S’il est une chose que la pandémie est censée nous avoir apprise, c’est l’existence d’une même communauté de destin. Les pays ont eu beau fermer leurs frontières à qui mieux mieux, le constat est clair: les poches de contamination qui frappent des populations aujourd’hui seront nos dangers de demain. On a beau faire, dans un monde qui restera globalisé, le Covid-19 ne connaît pas les frontières, pas plus d’ailleurs que les autres maux qui frappent la planète. C’est dans cette optique égoïste, autant que par un élan de solidarité, qu’une bonne partie du globe accepte de se prêter au jeu d’un confinement sans précédent.

Cette prise de conscience générale s’accommode pourtant sans sourciller de reliquats perturbants de «l’ancien monde» pré-coronavirus. Les sanctions économiques qui frappent divers pays sont de ceux-là. Trouver un masque chirurgical ou du liquide désinfectant – déjà une gageure jusqu’à récemment dans beaucoup de pays occidentaux – était devenu impossible dans des pays soumis aux sanctions, comme l’Iran. La politique de «pression maximale» exercée par l’administration américaine de Donald Trump peut aujourd’hui coûter des milliers de vies.