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Le Swiss Personalized Health Network (SPHN) exploite pour la recherche et l’innovation, les quantités énormes de données générées grâce aux progrès fulgurants des sciences de la vie et des technologies de l’information.
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Opinion

Santé personnalisée: les défis du jour

Ces dernières années, la Suisse a particulièrement brillé à faire émerger des leaders de santé. Alors qu’un réseau suisse de santé personnalisée s’organise, on ne peut que se réjouir des synergies à venir, estime Jurgi Camblong, le cofondateur de Sophia Genetics

Une chose est sûre: la Suisse a d’ambitieux plans pour développer la médecine personnalisée dans le pays ces cinq prochaines années. Les choses s’accélèrent en effet depuis que des chercheurs de l’EPF, des universités et des hôpitaux universitaires ont proposé en 2014 une initiative nationale, le Swiss Personalized Health Network (SPHN), afin d’exploiter pour la recherche et l’innovation, les quantités énormes de données générées grâce aux progrès fulgurants des sciences de la vie et des technologies de l’information. Les composants de base du projet devraient ainsi être en place avant la fin de l’année. Une diligence peu commune pour ce genre de projets d’envergure, et qui illustre son degré de priorité.

Un cadre financier

Les travaux préliminaires ont déjà été accomplis et le Conseil fédéral a même proposé un cadre financier pour sa mise en œuvre dans son message relatif à l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation pour les années 2017 à 2020. Rien de moins que 70 millions de francs suisses sont sur la table. A la manœuvre, l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM), mandatée par le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) pour élaborer un concept pour le développement, la structure et l’implémentation de cette initiative.

Avec à terme un objectif simple: «valoriser le potentiel des données de santé, échangeables et comparables dans l’ensemble de la Suisse, au profit de la gestion individuelle de la santé et de la maladie ainsi que de la recherche et de l’innovation.» (Bulletin ASSM 1/2016) Qu’on se le dise, avec cette initiative la Suisse ambitionne ni plus ni moins que de faire aussi bien, et pourquoi pas mieux, que la Precision Medicine Initiative aux Etats-Unis, ou le 100’000 Genomes Project au Royaume-Uni! Une fois mis en œuvre, un tel projet devrait offrir aux patients suisses une médecine dite «des 4Ps»: à la fois prédictive, préventive, personnalisée et participative.

Les patients, premiers bénéficiaires

On ne peut que se réjouir de cette initiative, dont les premiers bénéficiaires seront évidemment les patients helvétiques. D’autant que le projet part avec un solide atout dans sa manche: la multitude d’acteurs entrepreneuriaux de la Swiss Health Valley déjà actifs dans la médecine basée sur les données. Certains d’entre eux se sont même hissés au rang de leader mondial dans le domaine.

Et il s’agit d’une véritable pièce maîtresse du dispositif car nombre d’entre eux, qui partagent l’objectif du Swiss Personalized Health Network, ont développé des technologies et plateformes dont l’utilisation facilitera sa mise en œuvre. Autant d’acteurs qui ont entendu l’appel solennel lancé par le Prof. Peter Meier-Abt, Président de l’ASSM, à «tous les partenaires y compris des institutions non médicales […] et l’industrie», et qui sont déjà prêts à y répondre en proposant leur soutien et en conjuguant les efforts à l’ensemble du pays.

La confidentialité des données

Ces derniers auront d’ailleurs l’occasion d’exprimer leur soutien lors d’une consultation qui sera sûrement organisée avec les principaux acteurs privés du secteur dans les mois à venir, lors desquels la structure et les conditions-cadres d’une telle initiative devraient être décidées.

Déjà sollicitée par la Commission Européenne et le Conseil de l’Union Européenne, Sophia Genetics se prépare dès à présent au même exercice à l’échelle helvétique. Parmi les points critiques, la confidentialité des données. Un sujet qui promet de jouer un rôle central dans le Swiss Personalized Health Network et qui, selon le projet existant d’architecture du réseau, devrait être placé sous la houlette d’une entité spéciale en charge des sujets éthiques, légaux, et sociaux.

Ces dernières années, la Suisse a particulièrement brillé à faire émerger des leaders de santé. Alors qu’un réseau suisse de santé personnalisée s’organise, on ne peut que se réjouir des synergies à venir entre les différents acteurs, et se féliciter que les efforts consentis en faveur de l’innovation et de l’entrepreneuriat puissent servir d’exemple au secteur public, au bénéfice des patients. Notamment lorsqu’il s’agira de relier le réseau suisse à d’autres en Europe.


Jurgi Camblong, président de la direction et cofondateur de Sophia Genetics

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