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Comment Sarkozy a «aidé» la Grèce

La France a réussi à vendre deux frégates à une Grèce exsangue grâce aux crédits avancés par des banques françaises. Celles-ci partaient du principe que les Etats, européens de surcroît, ne font pas faillite

Quand on parle de la crise grecque, c’est bon de ne pas oublier cette histoire. Elle n’est pas anecdotique. Elle montre comment le pays est allé en s’enfonçant dans la dette.

Nous sommes en octobre 2009. Le socialiste Georges Papandréou vient de remporter les législatives. Il succède au poste de premier ministre au conservateur Kostas Karamanlis qui était en fonction depuis 2004.

Onze jours après son arrivée au pouvoir et dans un souci de transparence, il demande un état des lieux des finances publiques. Il n’a pas fallu longtemps pour réaliser que le pays avait vécu largement au-dessus de ses moyens durant plus d’une décennie. Pour l’année 2009, le déficit budgétaire était de 12%.

Les créanciers, plus particulièrement des banques privées françaises et allemandes, avaient prêté allègrement sans jamais se soucier de la capacité du pays à rembourser ses dettes. Ces banques partaient sûrement du principe que les Etats, européens de surcroît, ne font pas faillite. Par ailleurs, le pays n’avait pas encore payé les factures des JO 2004 à Athènes.

La Grèce avait adhéré à l’UE en 2002 et les milliards en provenance des fonds européens finançaient le développement économique du pays. Les nouvelles routes, les trains flambant neufs, le nouvel aéroport international d’Athènes faisaient croire aux Grecs qu’ils étaient les bénis des dieux.

Face à ce constat amer et inquiétant, le tout nouveau premier ministre sonna l’alerte. Le dérapage des finances publiques grecques pouvait mettre en danger les banques créancières, et par ricochet de nombreux Etats européens.

C’est dans ce contexte qu’il s’est rendu à Paris pour exposer le problème à un certain Nicolas Sarkozy. Le président français d’alors a promis d’aider la Grèce à trouver une solution européenne. Mais il fallait du donnant-donnant. La France a alors réussi à vendre deux frégates à une Grèce exsangue grâce aux crédits avancés par un consortium de banques françaises.

La responsabilité des créanciers, il faudra bien qu’on en parle un jour.

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