La Suisse est toujours une nation de ski. Daniel Yule l’a prouvé ce dimanche en remportant le prestigieux slalom de Kitzbühel. Forte émotion aussi, le jour d’avant, dans la station autrichienne avec la dernière course d’un grand champion: Beat Feuz. Des événements suivis par de très nombreux téléspectateurs, la preuve que le ski demeure populaire dans notre pays.

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Tant le Valaisan que le Bernois ont eu la chance de naître au bord des pistes, que ce soit dans le val Ferret ou l’Emmental. Le ski fait partie de leur vie et tout petits déjà, ils dévalaient les pentes.

Inégalité ville-montagne

Les natifs de Genève, Lausanne, Zurich ou Bâle n’ont pas la même veine. Se rendre sur les pistes est pour eux plus éloigné et plus coûteux. Toutefois, il demeure essentiel que tous les jeunes du pays aient la possibilité de chausser les lattes, au moins une fois durant leur scolarité. La discipline est d’ailleurs toujours obligatoire à Bâle-Ville, Bâle-Campagne ou Schaffhouse. Evidemment, il est plus compliqué d’organiser des sorties régulières à ski depuis les centres urbains, mais un minimum devrait être assuré. Par goût du plaisir: pour faire ressentir ces sensations si particulières à tous, mais aussi par volonté de démocratiser ce sport, qui fait partie de la culture suisse et qui ne doit pas être réservé aux montagnards ou aux personnes les plus aisées.

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Malheureusement depuis quelques années, de moins en moins d’élèves ont la chance de faire des camps de ski, de découvrir ainsi la montagne et de se créer des souvenirs inoubliables.

Les raisons sont multiples. Ces dernières années, par exemple, plusieurs communes ont vendu les chalets qu’elles possédaient et où les camps pouvaient être organisés à petits prix. Des économies à courte vue. Par ailleurs, les enseignants sont beaucoup plus réticents à organiser de telles sorties d’autant qu’eux-mêmes ne sont pas toujours de grands skieurs. La question des coûts est aussi soulignée, mais il ne faut pas qu’elle serve de prétexte. Heureusement, aujourd’hui, il y a plusieurs organisations qui proposent leur soutien pour la tenue de ces camps et les départements cantonaux de l’instruction publique devraient les valoriser.

Bien sûr, l’enneigement n’est pas gagné. Mais c’est justement maintenant qu’il faut donner la possibilité à tous les jeunes de goûter aux joies du ski, même s’ils ne seront pas tous des Daniel Yule ou Beat Feuz.

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