L’avantage de cette longue période de semi-confinement que nous venons de vivre fut de nous employer à diverses tâches auxquelles nous avions jusqu’ici répugné. Les rangements en font partie et j’ai passé une semaine le nez dans la poussière à trier les livres de ma bibliothèque. C’est une chose étrange que l’amour des livres, non seulement en tant que contenants de textes extraordinaires, instructifs ou édifiants, mais aussi en tant qu’objets. Pour chacun que je prenais en main, je savais que je ne le relirais sans doute jamais tant il y a de production à découvrir et de classiques encore ignorés. Et, pourtant, impossible de le jeter sans cette mauvaise conscience diffuse qui exprime l’immense respect dans lequel je tiens leur auteur et son œuvre. Pour la lectrice assidue que je suis, ce que me permet une fréquentation quasi inexistante de la télévision, le livre demeure, une fois lu, le réceptacle des émotions ressenties ou de l’enrichissement dispensé. Ces quelques pages d’une édition banale confinent au sacré. Mais, je m’éloigne du sujet…