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Dans le ciel, non loin de Fort McMurray...
© MARK BLINCH

Revue de presse

Scènes d’apocalypse dans les incendies au Canada

Sur une surface supérieure à celle du canton de Neuchâtel, les feux de forêt continuent à s’étendre dans la région de Fort McMurray, en Alberta. Désolation, évacuations en masse… Un réseau se met en place pour accueillir les sinistrés

Un brasier monstrueux. Dantesque. Encerclés par une cinquantaine de feux de forêt, plus de 90 000 habitants ont été évacués de la ville canadienne de Fort McMurray et de la région alentour. Au moins sept de ces incendies sont maintenant considérés comme hors de contrôle. Les sinistrés doivent se préparer à ne pas revenir chez eux avant longtemps, ont prévenu jeudi les autorités de l’Alberta, au Canada. Des quartiers entiers ont été réduits en cendres. Tous les détails sont sur le site Fortmcmurraytoday.com.

Lire aussi: La ville canadienne de Fort McMurray évacuée suite à un incendie

Pire: le brasier continue à «prendre de l’ampleur», selon Le Journal de Montréal. Il s’étend actuellement sur environ 85 000 hectares, ce qui représente plus de la surface totale du canton de Neuchâtel. «Plus de 1110 pompiers, 145 hélicoptères et 22 avions-citernes, dont quatre envoyés par la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) du Québec étaient à pied d’œuvre […]. Les conditions météorologiques prévues pour les prochains jours – un temps plus sec et des rafales de 40 km∕h – devraient rendent la tâche encore plus difficile.» Le scénario est donc pessimiste. «Après trois jours de travail acharné, un constat s’impose: les pompiers ne réussiront pas à éteindre le feu», dit Le Journal de Québec.

Selon le service météorologique Environnement Canada, la fumée était perceptible jusque dans le nord-ouest de la Saskatchewan. Sur les réseaux sociaux, la très active @RachelNotley, première ministre de l’Alberta, écrit, elle, via Twitter: «Ce soir, je veux encore une fois dire combien je suis reconnaissante de l’entraide entre les Albertains dans ces moments difficiles», ajoutant que «même si un long travail nous attend, les sinistrés peuvent compter sur le gouvernement et la population albertaine pour les soutenir».

Lire aussi: La ruée vers l’or sale de l’Alberta (reportage à Fort McMurray, 01.11.2007)

Le reportage de La Presse, en collaboration avec Le Nouvelliste de Trois-Rivières, est explicite: mercredi matin, «le ciel était bleu – presque pas de fumée – et en fin d’après-midi, c’était l’apocalypse», «un champ de bataille entre pompiers et brasier». Deux employés de l’aéroport d’Edmonton comparent «leurs photos de la catastrophe. Des flammes, de la fumée noire, des scènes de fuite. Ça avait l’air d’une bombe atomique. C’était terrible, c’était bleu partout. […] Une véritable pluie de cendre au centre-ville.» «Terrific scenes, terrified families», les commentaires et les images d’ABC News sont éloquentes:

D’autres encore témoignent. «Ç’a déboulé vraiment, vraiment rapidement. Je ne sais pas si je vais avoir une maison à mon retour […]. C’est le chaos total. On dirait une vision de fin du monde.» Catherine Gagnon, par exemple, «s’est réfugiée dans une réserve autochtone au nord de Fort McMurray»: elle vit dans un quartier où, «apparemment, la moitié des maisons ont brûlé. Nous gardons espoir que la nôtre n’en fasse pas partie.» Et «la déprime économique dans laquelle se trouve toute l’industrie des sables bitumineux» facilite (un peu) les choses: «On peut accueillir jusqu’à 9000 personnes ici, mais comme le pétrole est en baisse – beaucoup de gens ont perdu leur emploi – on est juste 500.»

Le Devoir de Montréal indique pour sa part que «certains scientifiques très sérieux» voient ici «un signe du réchauffement climatique causé par les hydrocarbures comme ceux qui sont extraits des sables bitumineux». Mais «même s’il est démontré» que l’une des conséquences de ce réchauffement «est la prolongation des périodes de sécheresse propices à la propagation des feux de forêt, on ne peut pas expliquer la catastrophe en cours aussi simplement […]. Après tout, des dizaines de milliers d’hectares de forêt sont détruits chaque année par le feu à cause de la foudre, d’une erreur humaine ou d’un geste délibéré, et ce, depuis bien avant l’ère du pétrole.»

Et de poursuivre: «Mise à part la forte probabilité d’une cause humaine aux premières étincelles qui ont donné naissance à l’incendie, ce sont les conditions climatiques exceptionnelles de ce début de mai couplées à la présence très abondante de résineux dans la région qui expliquent l’ampleur du désastre.» Alors «faut-il pour autant donner raison à certains résidents de Fort McMurray, cette ville-champignon construite au milieu de la forêt, qui reprochent au gouvernement de ne pas avoir coupé de façon préventive tous les conifères qui longent les routes et les villages sur des centaines de kilomètres? […] Poser la question, c’est y répondre.»

Humainement parlant, «la plupart des sinistrés pourront réclamer le remboursement des coûts de reconstruction à leur assureur, y compris les frais engagés depuis leur évacuation. Mais pour plusieurs, cela ne suffira pas. Et, de toute façon, il faut survivre en attendant», et «nous devons nous montrer généreux», écrit l’éditorialiste du Devoir: «Pour chaque dollar de don à la Croix-Rouge, Ottawa doublera la mise pour répondre aux besoins immédiats des familles. Il faut répondre à l’appel. Car même si un tel désastre cause toujours plus de dommages moraux et psychologiques à long terme, la réponse aux besoins physiques et matériels à court terme est déterminante pour la suite des choses. Devant l’épreuve, montrons-nous solidaires de nos voisins.»

Mais attention, car déjà, «alors que les campagnes de financement se multiplient pour venir en aide aux milliers de réfugiés et de sinistrés de Fort McMurray, le Better Business Bureau (BBB) en Colombie-Britannique lance un appel à la prudence»: «Les arnaqueurs professionnels n’hésitent pas à profiter des drames et des catastrophes pour soutirer de l’argent aux personnes bien intentionnées, selon les responsables du bureau d’éthique commerciale de la province.» A qui profite le crime?

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