Le mérite du coronavirus, s’il faut lui en trouver un, est de démontrer que l’humanité doit s’unir quand elle fait face à un ennemi commun. Espérons dès lors que cela nous fasse aussi comprendre que seule une politique planétaire permettra de combattre d’autres fléaux, à commencer par le réchauffement climatique; et, pourquoi pas, que l’exploration spatiale pourrait être un formidable défi pour l’humanité plutôt qu’une stupide et coûteuse compétition nationaliste.

La pandémie nous contraint à une réflexion sur l’économie mondiale et l’on peut espérer que celle-ci ne se borne pas à la défense d’intérêts nationaux, voire électoraux. Mais la mort qui rôde, des choix médicaux douloureux et des funérailles tronquées relancent aussi la réflexion spirituelle. Si le soutien religieux est certes précieux, certaines interventions incongrues nous rappellent que l’on ne saurait se limiter à diviser la population entre croyants et non-croyants: l’évêque de Patras aurait répondu aux autorités interdisant les rassemblements que «ceux qui croient en la sainte communion n’ont rien à craindre, c’est une question de foi» et l’on a aussi parlé des icônes que l’on pouvait embrasser sans crainte ou du vin de communion qui tuait le virus. L’exploitation de la crédulité reste actuelle et il y a une infinie diversité dans nos convictions religieuses. Où en sommes-nous dans notre pays?