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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou prend la parole à la Conférence de sécurité de Munich, le 18 janvier 2018.
© Thomas Kienzle/AFP

INCIDENCES

La sécurité mondiale se détériore

OPINION. La situation internationale s’est aggravée sous l’effet de nouvelles menaces mondiales, dues notamment à la prolifération des armes nucléaires, et de l’interdépendance des conflits, explique notre chroniqueur François Nordmann

La Conférence de sécurité de Munich, créée en 1963 et qui en est à sa 54e édition, occupe une place à part dans le système des think tanks et des réunions d’experts consacrés aux relations internationales. Elle réunit informellement des chefs d’Etat ou de gouvernement, des ministres de la Défense et des Affaires étrangères de plus de 30 pays. Elle accueille également des parlementaires, des diplomates, des militaires de haut rang et même des maîtres espions, soit au total plus de 500 participants.

La présence de tant de dignitaires dans un hôtel cinq étoiles au cœur de la capitale bavaroise lui confère une grande visibilité (le quartier est en état de siège, les commerces sont fermés pendant trois jours), d’importantes forces de police et de protection militaire à la Davos sont mobilisées.

Tractations diplomatiques

La conférence sert de cadre à de nombreuses rencontres bilatérales et tractations diplomatiques – c’est un lieu de rendez-vous discret pour parler de forces de séparation en Ukraine, de désescalade en Syrie ou encore pour tenter de compléter l’accord nucléaire avec l’Iran sur la question des missiles balistiques. Ces trois thèmes ont fait l’objet de consultations en marge de la conférence cette année. Elle bénéficie d’un large écho dans la presse internationale. Le secteur de la sécurité internationale vient dresser à Munich son bilan annuel de santé. La conférence se veut ouverte, libérale et suit une ligne transatlantique, assez proche de l’OTAN en général.

M. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a ouvert la conférence et donné le ton. La situation internationale s’est aggravée sous l’effet de nouvelles menaces mondiales, dues notamment à la prolifération des armes nucléaires (et chimiques), et de l’interdépendance des conflits aux conséquences humanitaires dévastatrices, eux-mêmes liés au terrorisme mondial. On le voit au Moyen-Orient où toutes les lignes de fracture s’entrecroisent et provoquent un véritable chaos, chaque pays étant touché par un ou plusieurs des facteurs de guerre propres à la région.

Echanges musclés

L’ONU n’est pas restée inactive face à ce nœud gordien – on pense au processus de Genève piloté par Staffan de Mistura, représentant spécial pour la Syrie, très présent à Munich. Mais c’est insuffisant. La complexité du problème tient en partie à l’Iran, qui est à la croisée de conflits avec l’Arabie saoudite, Israël et les Etats-Unis. Pour ce qui est de la guerre froide qui se développe dans les Etats du Golfe, Antonio Guterres relance l’idée d’une sorte de conférence d’Helsinki comme en Europe au début des années 1970. Cependant, la tension est encore montée d’un cran en direct lors d’échanges musclés entre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif.

Autre foyer dangereux pour la paix et la sécurité internationales, la Corée du Nord refuse d’exécuter les résolutions du Conseil de sécurité et de renoncer à son programme nucléaire et à ses missiles. Tous les Etats doivent maintenir la pression sur elle pour aboutir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne par la voie pacifique – le recours à une solution militaire serait désastreux.

Les pays de l’UE ont surtout mis en évidence leur nouvelle politique de défense, sans parvenir à dissiper les doutes qu’elle pourrait concurrencer l’OTAN. Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a rappelé que par-delà les contraintes que lui impose la neutralité, son pays entendait apporter sa contribution à la politique de défense et de sécurité commune. Il ajoute avec un brin d’insolence que «la perspective sur le monde peut être différente quand on a 31 ans»… Pour sa part, Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères, a exhorté l’Europe à surmonter ses petites querelles internes et à s’unir face au retrait américain et aux avancées chinoises: ayons le courage de nous projeter dans le monde, si inconfortable et truffé de risques soit-il!


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© Gabioud Simon (gam)