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La cave du crime.
© LaCnews24

Revue de presse

Séquestrée et réduite en esclavage pendant dix ans en Italie

Les «carabinieri» ont découvert un peu par hasard la semaine dernière une cave sordide où un homme est soupçonné d’avoir détenu une femme et ses deux enfants une décennie durant. L’histoire est «digne d’un film d’horreur»

Et voilà à nouveau «un drame sordide», que rapporte notamment Franceinfo et qui rappelle l’affaire Natascha Kampusch, en Autriche, en 2006. Une femme de 29 ans a été retrouvée dans une cave de Gizzeria, en Calabre (Italie), où elle a été enfermée et violée pendant dix années. C’est le Corriere della sera qui a divulgué cette information – digne «d’un film d’horreur», dit-il – mercredi 22 novembre. Mais celle-ci est restée bizarrement cantonnée aux médias italiens. Le bourreau présumé, un Italien de 52 ans, a été arrêté par les carabiniers.

Tout est en fait parti d’un banal contrôle d’identité. Le suspect était accompagné d’un garçon que les policiers trouvaient «sale et sous-alimenté». «Ils décident alors d’accompagner l’homme à son domicile, où ils sont frappés par la puanteur des lieux et sont obligés de porter des masques de protection. A la cave, au milieu des rats et des araignées, ils retrouvent une femme d’origine roumaine, enchaînée, avec une petite fille à ses côtés.» L’homme explique alors qu’il s’agit de «l’ancienne domestique de son épouse et qu’il l’a séquestrée à la mort de cette dernière».

«Je n’ai jamais vu une chose pareille»

Là, «enfermée sans eau ni électricité, elle aurait été violée à plusieurs reprises et a donné naissance à deux enfants sans aucune assistance médicale», âgés aujourd’hui de 9 et 3 ans. «En trente ans d’activité professionnelle, je n’ai jamais vu une chose pareille», a déclaré le procureur Salvatore Curcio. Les enfants et leur mère ont été confiés aux services sociaux.

Les trois victimes vivaient «dans ce réduit insalubre sans aucun contact avec l’extérieur, précise 20 minutes (France). Ils mangeaient au mieux des aliments avariés, au pire leurs excréments, ils n’ont jamais pu se laver ou voir un médecin. Lorsque la mère s’est retrouvée avec le crâne ouvert après avoir été battue, son bourreau l’a recousue avec du fil de pêche», détaille le Corriere.

Selon les principaux journaux italiens, elle avait été auparavant séquestrée dans plusieurs appartements puis dans une cabane délabrée près de Gizzeria, à la campagne, lit-on dans le quotidien en ligne milanais IlPost.it. De son côté, La Repubblica écrit que la jeune fille a assuré aux enquêteurs avoir été «attachée à son «lit» en carton et forcée de subir régulièrement de mauvais traitements et des séances de torture et de viol». Avec des détails qui donnent la chair de poule.

Des antécédents

Il semblerait que le suspect dont la presse italienne cite le nom avait des antécédents en matière de crimes sexuels et que certains de ses voisins «savaient» notamment que la victime était régulièrement battue avec «un sadisme rare». Le service de protection de la jeunesse local estime que ceux qui «se sont tus sont complices». Ces personnes ont «des devoirs institutionnels autant que civiques, elles devront en répondre devant la justice». Et d’éventuelles négligences des services sociaux communaux font également l’objet d’une enquête. De là à imaginer que la mafia calabraise s’en soit mêlée, il n’y a qu’un pas, que le magazine GQ Italia franchit à demi-mot. Il y avait «des rumeurs» au village, semble-t-il.

Le journal en ligne Lacnews24.it confirme ce dimanche que le coupable présumé avait déjà fait «l’objet d’une enquête et été condamné dans les années 2000 à cinq ans de prison pour avoir kidnappé et violé pendant un mois une jeune fille de 23 ans, qu’il avait obligée à avorter à deux reprises».

En 2007, la jeune Roumaine «avait 19 ans, peu d’argent et peu d’espoir de mener une vie normale en Italie». C’est à ce moment-là qu’elle croise le chemin de son futur bourreau, qui propose de l’embaucher. Ce dernier lui promet de lui donner les moyens de «rentrer au pays»: en Roumanie, elle «a aussi un fils qui l’attend».

L’espoir ne dure pas. «Les abus et la violence débutent, c’est l’enfer.» A l’heure où la violence contre les femmes est dénoncée un peu partout dans le monde avec une force rarement atteinte, «il ne faut pas avoir peur», écrit La Stampa: «Il faut faire toute la lumière sur cette histoire. Celle-ci pourrait nous aider à mieux comprendre la construction complexe» de cette énigme faisant de la moitié de la population terrestre la victime de l’autre moitié.

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© Gabioud Simon (gam)