Quel sera la cap de l’économie suisse et mondiale en 2020? Pour y répondre, «Le Temps» organise à Genève, le 28 janvier au Campus Biotech, le Forum Horizon. Election présidentielle américaine, lancement de la libra, finance durable: au Forum Horizon, nous débattrons de toutes ces questions, et bien d’autres, afin de commencer l’année 2020 avec les idées claires. Pour s’inscrire, suivre ce lien.

La décennie qui s’annonce ouvre de nouvelles perspectives. Il y a dix ans, nous sortions juste de la crise financière et peu de commentateurs se risquaient à prévoir un futur heureux. Le poids de la dette semblait devoir peser sur nos épaules pour une éternité et hypothéquer une bonne partie de notre avenir. Nous ne percevions pas encore la puissance de feu (ou la capacité d’éteignoir, selon le point de vue) des banques centrales pour mettre ce passif sous le tapis. La décennie s’est finalement écoulée sans crise économique majeure et s’est terminée avec des marchés boursiers euphoriques. Mais elle a marqué au feutre gras ce qui constituait des écarts, qui sont devenus des défauts capables de faire dérailler le système.

L’avènement d’une classe de super-riches, le fameux 1%, a d’abord été stigmatisé par les ONG, avant de devenir une réalité du débat politique et social. Résultat d’un écart de richesse qui s’accroît, des classes moyennes déboussolées et poussées à voter pour des solutions radicales – initiative contre l’immigration de masse et Brexit – ou des hommes (supposés) forts, comme Donald Trump aux Etats-Unis. Quand ce ne sont pas des cas de radicalisation qui ont mené au terrorisme. Le mouvement s’est accompagné d’une volonté de voir le monde depuis son arrière-cour: la globalisation triomphante depuis les années 1990 a commencé à montrer ses limites.