Revue de presse

La série «Chernobyl» dope le tourisme béat et ignorant de l’Histoire

La foule à Pripiat! Au point que Craig Mazin, le créateur de la fiction de HBO, a dû fustiger l’irrespect dont font preuve aujourd’hui les hordes de visiteurs étrangers face à la tragédie de la centrale nucléaire en 1986, qui a fait tant de victimes. Le nouveau président ukrainien veut corriger le tir

Il a 27 ans et vient de l’autre bout du monde: du Brésil. Bien avant de se rendre en Ukraine cet été, Louis Carlos ne connaissait rien de Tchernobyl. Jusqu’à ce qu’il regarde la minisérie de la chaîne de TV américaine HBO, qui a remporté un succès faramineux. Mais qui est aussi très critiquée pour ses approximations historiques et ses oublis d’acteurs importants, comme l’explique très bien l’auteur d’un livre sur le sujet à La Libre Belgique. Mais une fiction restant une fiction, c’est tout de même elle qui a motivé le Sud-Américain à se rendre sur les lieux de la plus grande catastrophe nucléaire de l’Histoire. «Si des gens viennent ici pour comprendre ce qui s’est passé et essayer d’apprendre, c’est une bonne chose», dit-il à l'Agence France-Presse.

Mais en fait, ce n’est plus le cas. Aujourd'hui, ces «gens» prennent des selfies, volent les objets abandonnés sur place… Le succès mondial de Chernobyl a amené une nouvelle génération de touristes sur ces lieux maudits, au grand dam des guides locaux. Aujourd’hui, la zone entourant la centrale dans un rayon de 30 kilomètres dans le nord de l’Ukraine est encore inhabitable, mais une petite partie a été ouverte aux touristes.