Syndicom, le syndicat de la branche postale, l’avait annoncé. Récemment, La Poste l’a confirmé: de très nombreux bureaux de poste sont menacés dans le pays. Dans le canton de Vaud, plus d’un tiers des offices aujourd’hui en service pourrait fermer d’ici à 2020. Toutes les régions sont touchées, y compris les plus urbaines: à Lausanne, c’est une moitié des offices qui est menacée.

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D’habitude, dans ces cas-là, la mobilisation locale pour le service public part certes de la gauche, mais elle trouve des échos un peu partout. Cela a été le cas cette fois-ci par exemple au sein du législatif lausannois, où tous les partis ont fait part de leur inquiétude. Bien souvent, par contre, l’indignation ne survit pas au trajet jusqu’à Berne…

Mais ça, c’était avant, semble-t-il. Car, coup sur coup, des votes aussi surprenants que réjouissants viennent d’avoir lieu au parlement sur des objets concernant le maintien du service public sur tout le territoire.

Pour le service universel

D’abord, à la suite du Conseil national en 2016, le Conseil des Etats a avalisé une motion pour que La Poste assure la livraison du courrier à tous les ménages, même dans les régions les plus isolées ou périphériques. Ensuite, le National a également validé la proposition d’imposer aux CFF un moratoire de trois ans pour la fermeture de points de vente de billets gérés par des tiers. Dernier épisode, la commission des transports des Etats exige un schéma de planification du réseau postal, incluant les offices de poste.

Ces trois signaux sont de portée différente, mais ils ont évidemment aussi une valeur symbolique. Ils n’auront pas forcément d’impact direct sur le nombre d’offices de poste, ni sur celui des guichets CFF, qui disparaissent aussi peu à peu. Mais quelque chose a changé: il existe désormais une majorité au parlement pour estimer que les services publics ne peuvent pas se gérer dans une logique étroitement économique.

La préservation de la cohésion nationale

Car oui, il en coûtera sans doute un peu à La Poste et aux CFF de se conformer à ces injonctions politiques. Peut-être n’atteindront-ils pas aussi bien que prévu les objectifs de rentabilité fixés. Mais si c’est là le prix d’une forme de préservation de la cohésion nationale, il mérite d’être payé. Partout où des citoyens, des associations, des partis se sont engagés pour préserver leur guichet ou leur bureau, partout ou presque le combat a été perdu. Néanmoins, on peut espérer qu’il n’aura pas été vain.