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Le Kruzenshtern à Sète, en 2014.
© Christian Ferrer/Creative Commons

Charivari

A Sète, la liberté est dans le voilier

OPINION. La ville méridionale a connu un week-end de fête autour de ses illustres navires du passé. Une sensation de grand large encore plus marquée quand on vient de faire des kilomètres de bouchons pour y arriver…

Vendredi-Saint. Départ pour Sète, où le soleil brille et les bateaux sont en fête. Tous les deux ans, à Pâques, la ville méridionale vit au rythme d’Escale à Sète, fringant rassemblement de 120 navires historiques. Voiliers du passé aux cordages insensés, marins en costumes stylés, le port sent bon le grand large et la liberté.

Cette année se sont notamment pavanés en majesté: la réplique de L’Hermione, célèbre frégate de La Fayette du XVIIIe siècle; le très romanesque Galeon Andalucia, unique galion naviguant encore sur la planète, et le Krusenstern, imposant quatre-mâts russe et deuxième plus grand voilier du monde avec ses 115 mètres de long. Des milliers d’amateurs ont patienté devant les gréements pour visiter leurs intérieurs, tandis qu’à quai, cornemuses et tambours amenaient leurs couleurs à la virée.

Crochet, Peter Pan…

J’avoue, je ne connais rien à la navigation et j’ai le mal de mer. Je ne rêve donc pas du «bon vieux temps» où traverser l’Atlantique prenait des mois et retournait l’estomac. Mais les anciens voiliers ne me laissent pas de bois. Sans doute à cause des films de pirates et du capitaine Crochet. Peter Pan a sa part de responsabilité dans cet attrait. Imaginaire de cape et d’épée, version grands fonds. Et puis, «A l’abordage!», c’est une jolie expression, non? Pleine d’élan et de gourmandise. Certes, en son temps, l’apostrophe menait au carnage, mais aujourd’hui, l’assaut, plus amoureux que belliqueux, débouche sur d’autres rivages…

La joie des embouteillages

La sensation de liberté face aux illustres frégates est d’autant plus marquée quand, pour atteindre cette ode maritime, on a connu la joie (la rage?) des embouteillages. Rouler plusieurs kilomètres à pas d’homme pour entrer dans l’A7 force à l’humilité. On aurait pu prendre le train, ou plutôt les trains, car il n’y a pas de direct pour descendre à Sète, mais les grèves de la SNCF rendaient les rails rebelles. Pays bloqué, mer ouverte…

Genève-Sète à vélo?

Je me souviens d’une descente en 2 CV, toit ouvert, pour rejoindre un camping d’Hyères. Trois copines de 20 ans, joyeuses et insouciantes, à la conquête de ce sud si solaire. On se faisait la malle, après nous le déluge, et l’on riait, riait. Jamais alors on n’aurait imaginé la voiture comme autre chose qu’un symbole de liberté. Aujourd’hui, c’est sur mon vélo que j’ai ce type de frissons. Mais Genève-Sète à vélo, c’est un peu long. Du coup, je fais de la méditation dans les bouchons et je me rattrape face à la grande bleue, en me perdant dans son vaste horizon.


Chronique précédente:

Anne Emery-Torracinta, la peur au ventre

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