Editorial

Seuls face aux hackers

L’explosion du «rançongiciel» WannaCry avec ses plus de 200 000 victimes jette une lumière crue sur le business de la cyberextorsion

C’était il y a environ six ans. Et l’auteur de ces lignes n’en est pas fier. Impossible de faire quoi que ce soit avec son ordinateur professionnel, bloqué par un logiciel d’extorsion demandant plusieurs centaines de francs pour rouvrir l’accès à ses fichiers. Du coup, c’est le service informatique de l’entreprise qui avait dû réinitialiser le PC. L’ouverture, par mégarde, d’une pièce jointe infectée avait sans doute causé la propagation du virus sur la machine.

Lire aussi: La plus grande cyberextorsion de l’histoire laissera des traces

Mi-mai 2017, l’explosion du «rançongiciel» WannaCry avec ses plus de 200 000 victimes jette une lumière crue sur le business de la cyberextorsion. Ce n’est plus qu’une question de semaines avant qu’un tel «ransomware» ne tue: un patient dans une salle d’opération dont les systèmes informatiques tombent en panne, les passagers de trains dont un opérateur ferroviaire aura été incapable de prévenir la collision… L’idée n’est pas de faire peur. Il s’agit de prendre (à nouveau) conscience de notre extrême dépendance – et de notre fragilité – vis-à-vis de l’informatique.

Face à ces menaces, les internautes sont bien seuls. La NSA a joué avec le feu en cachant à Microsoft des failles dans Windows XP, failles ensuite exploitées par des pirates. Et Microsoft, comme tous les éditeurs de programmes, arrête de mettre à jour ses logiciels plusieurs années après leur mise en service – laissant les utilisateurs à la merci des pirates. Cette attitude peu responsable – même si Microsoft a réagi ce week-end – fait peser un poids énorme sur les internautes. A eux de mettre à jour en permanence leurs appareils et… d’en racheter de nouveaux lorsque leurs fabricants les jugent trop anciens. A eux aussi de se méfier des messages qu’ils reçoivent… et de tout, absolument tout sauver sur des supports non connectés à Internet.

Pour survivre en 2017, mieux vaut disposer de très bonnes notions d’informatique.

Lire aussi: Cyberattaques: «Les services secrets américains ont une part de responsabilité»

Publicité