Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Dans ce contexte d’austérité budgétaire conjuguée à la volonté de l’administration de Donald Trump de ne plus jouer la carte multilatérale, les problèmes de financement sont accentués par la durée beaucoup plus longue des conflits qui ravagent la…
© LAURENT GILLIERON / Keystone

Editorial

Sévères menaces budgétaires sur l’ONU

Les coupes salariales que vont subir les fonctionnaires onusiens à Genève sont peut-être le premier épisode d’un programme d’austérité qui pourrait laminer l’institution

Le cri de colère poussé vendredi par les fonctionnaires des Nations unies à Genève contre des coupes salariales de 7,7% pourrait n’être qu’un simple épisode de restructuration au sein d’une grande organisation internationale. Il révèle cependant une tendance beaucoup plus inquiétante. A l’heure où de graves menaces pèsent sur l’ordre libéral établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU aurait un rôle majeur à jouer. Elle est pourtant elle-même soumise à de très fortes pressions.

Lire aussi: En colère, le personnel de l'ONU se met en arrêt de travail

A New York, les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne semblent tous trois vouloir opérer des coupes draconiennes dans les budgets de l’organisation. Les premiers proposent de réduire de 40% leur contribution (soit un milliard de dollars) au budget des opérations de maintien de la paix (8 milliards). Le porte-parole du siège à New York est catégorique: «Cela rendrait impossible de continuer notre travail.»

A Genève, on sent aussi le vent du boulet. Les mesures salariales sont perçues comme un premier oukase de New York. Au Haut-Commissariat pour les réfugiés, dont le budget est couvert à hauteur de 40% par Washington, on craint le pire. Les contributions volontaires des membres se font plus rares. Le programme d’aide humanitaire pour la Syrie et les pays voisins n’est financé à ce jour qu’à hauteur de 23%.

Dans ce contexte d’austérité budgétaire conjuguée à une volonté nette de l’administration de Donald Trump de ne plus jouer la carte multilatérale, les problèmes de financement sont accentués par la durée beaucoup plus longue des conflits qui ravagent la planète. La Chine investit davantage dans l’ONU, y voyant un soft power utile pour masquer ses ambitions militaires. Mais elle tire aussi profit du climat «délétère» qui règne à New York pour tenter de trancher dans les budgets alloués aux droits de l’homme. La Suisse se bat pour s’opposer à ces attaques en règle contre les droits humains. Mais la tâche est herculéenne.

Genève, atout central de la politique étrangère suisse, devra peut-être faire face, cet automne, au retrait malheureux des Etats-Unis du Conseil des droits de l’homme. A l’échelle onusienne, on nourrit néanmoins l’espoir de voir la Chine se substituer aux Américains, surtout après la visite de Xi Jinping dans la Cité de Calvin. Ou de voir de nouveaux contributeurs sauter dans la brèche ouverte par les Etats-Unis. Le pari n’est pas gagné.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)