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Ce serait la quatrième fois que le Valais tenterait sa chance pour les JO, après 1976 où le CIO lui a préféré Denver, 2002 où ce fut Salt Lake City qui fut choisie et 2006 où la ville de Turin fut sélectionnée.
© Olivier Maire/Keystone

Chronique

Sion2026: raviver la flamme

OPINION Le 19 juin 1999, le canton du Valais pleurait de ne pas avoir été retenu pour les JO de 2006. Quel sera le choix du CIO pour les Jeux de 2026? La question est prématurée, tant le comité de candidature est actuellement ballotté, la population timorée et l’image du sport d’élite écornée, estime notre chroniqueuse Marie-Hélène Miauton

Le Valais a bien du courage de lancer à nouveau sa candidature pour les JO d’hiver 2026, après le camouflet cuisant et largement immérité que lui a infligé le CIO en 1999 concernant les Jeux de 2006. Vingt ans après, pourquoi revenir à la charge, alors que l’idéal olympique a été tant et tant écorné que les peuples ne sont plus enthousiastes à l’idée de cracher au bassinet pour entretenir une flamme qui ne brille plus? En outre, ce serait la quatrième fois que le Valais tenterait sa chance, après 1976 où le CIO lui a préféré Denver, 2002 où ce fut Salt Lake City qui fut choisie et 2006 dont on connaît l’issue.

A part Christian Constantin?

Pour mieux comprendre ce quatrième retour, il suffit de chercher quels sont les initiateurs du projet. En tout premier, Christian Constantin, personnalité polarisante mais à laquelle il faut reconnaître une qualité au moins, celle d’œuvrer sans relâche pour un Valais dynamique et audacieux. Que ses initiatives puissent avoir pour effets collatéraux de remplir son escarcelle ne change rien à la chose.

Ce promoteur immobilier a donc lancé l’idée de transformer le site de la raffinerie de Collombey-Muraz en village olympique, avant de le recycler en ville écologique du futur. Pas idiot! Mais voilà que l’homme, assez sanguin de nature, s’en prend à un journaliste en lui donnant un coup de pied au derrière. Immédiatement, le monde du sport et les médias crient au scandale, ceux-là mêmes qui rechignent à dénoncer des agissements autrement plus graves, dont une corruption endémique depuis des lustres dans les hautes instances sportives et une politique antidopage hypocrite.

Constantin, de lui-même ou un tant soit peu poussé par ses collègues, a fini par admettre un «comportement inapproprié» et a donc renoncé à son poste de vice-président du comité Sion 2026!

Remplacer le président?

A part Christian Constantin, on trouve pour porter le projet les habituels milieux liés au CIO, dont l’étude d’avocats Kellerhals Carrard, qui a fourni le président du comité en la personne de Jean-Philippe Rochat. Mais voilà que ce cabinet se retrouve sur la liste des Panama Papers, soupçonné d’avoir pratiqué de l’optimisation fiscale.

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Faudra-t-il maintenant remplacer le président après le vice-président? Probablement, alors même que ce bureau n’a sans doute rien fait d’illégal, ce qui s’apparenterait à un suicide de sa part. Malheureusement, de nos jours, le droit devient rétroactif: sous prétexte qu’on veut interdire certaines pratiques à l’avenir, on les condamne dans le passé alors qu’elles étaient alors licites.

On crie donc haro sur le baudet alors que le vrai problème, soulevé par L’Illustré de cette semaine, réside dans le fait que le président du comité appartient à une étude qui serait elle-même mandataire juridique du CIO, ce que tout le monde sait depuis longtemps. Belle occasion de recours pour les autres villes candidates.

Redorer le blason du sport

Face à cet enchaînement d’événements malheureux, on peut deviner la perplexité de la population valaisanne qui doit se prononcer sur le projet en juin 2018. Sur le plan financier, il sera sans doute possible de la rassurer, depuis que la Confédération a délié sa bourse pour 827 millions et que le CIO a changé de politique face à la raréfaction des villes candidates: au lieu de garder pour lui l’argent des droits de diffusion, il en redistribuera désormais une partie aux villes organisatrices.

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L’inconnue réside désormais dans les frais de sécurité qui, terrorisme islamiste oblige, prennent l’ascenseur. Pour la convaincre, il conviendra aussi de démontrer que ces JO seront durables, économiques et propres, avec de réelles retombées positives sur le canton. Enfin, et c’est là le plus dur, il faudra redorer le blason du sport d’élite, passablement chahuté depuis plusieurs années en raison des innombrables affaires qui l’ont éclaboussé, avec aux premières loges la FIFA du Valaisan Sepp Blatter, et sur lesquelles tous ont trop longtemps fermé les yeux.

En résumé, il s’agira de «raviver la flamme», ce qui est justement le slogan de Sion 2026!

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