En 1819 sort de presse un ouvrage qui résonne comme un coup de tonnerre: Les Nouveaux Principes d’économie, dont on a fêté l’année dernière le centenaire de la publication. En contradiction avec la doctrine économique dominante, de David Ricardo ou de Jean-Baptiste Say, il ne plaide ni plus ni moins que pour une révision du rôle de l’Etat dans l’économie. Son auteur? Jean Simonde de Sismondi. Alors connu pour son Histoire des républiques italiennes au Moyen Age, il est l’ami de Germaine de Staël et de Benjamin Constant et membre du célèbre groupe de Coppet, foyer du libéralisme naissant et centre de la résistance à Napoléon lorsque celui-ci régnait sur l’Europe.

Né en 1773 et mort soixante-neuf ans plus tard, Sismondi présente un parcours déroutant, qui l’a rendu longtemps difficilement classable dans l’histoire des idées. Libéral, il l’est assurément. Occupé à des travaux d’agronomie dans sa propriété toscane ou employé à la Chambre de commerce genevoise sous l’ère napoléonienne, il est attiré par la pensée d’Adam Smith et restera toute sa vie un adepte du libre-échange. Ses engagements politiques dans le Genève qui vient d’accéder au rang de canton suisse l’attestent également. Contre son gouvernement jugé trop autoritaire, Sismondi s’allie avec les Dumont, Bellot et Rossi pour réclamer la liberté de la presse et l’ouverture des débats parlementaires au public.