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Cet été, la France a voté l’interdiction du portable, des tablettes ou des montres connectées dans les écoles et les collèges. Le débat s’est naturellement étendu à la Suisse romande.
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EDITORIAL

Smartphone, le temps du silence

EDITORIAL. Le débat sur la place du téléphone portable à l’école obligatoire prend de l’ampleur en Suisse romande. Dans le milieu scolaire il est nécessaire de privilégier la transmission du savoir, les échanges, et laisser de côté les écrans

Permettez une anecdote. Dans une école secondaire valaisanne, des parents ont interpellé un enseignant sur l’opportunité d’avoir une calculette en classe alors que le smartphone de l’élève sait aussi compter. La réponse tient tout entière dans l’adverbe «aussi». Le téléphone portable, agora des temps modernes, devrait être rebaptisé, tant sa qualité de téléphone devient mineure. Il est une place de village peuplée d’amis et d’ennemis; un théâtre d’exhibitions; une scène où s’agitent des youtubeurs plus ou moins inspirés; l’écho des nouvelles du monde et des mensonges entrelacés; une salle de jeu où aucune arme n’est prohibée; une salle d’attente où la solitude ne dit pas son nom; un puits rempli des savoirs humains; un film séquentiel de nos vies.

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Les écoles n’ont pas attendu une législation pour interdire son usage pendant les cours, craignant que de ses innombrables attributs naisse l’agitation. Cet été, la France a voté l’interdiction du portable, des tablettes ou des montres connectées dans les écoles et les collèges. Le débat s’est naturellement étendu à la Suisse romande. Vaud a annoncé, le premier, un test pilote étendant l’interdiction à tout le périmètre scolaire. Ailleurs, on se tâte, on réfléchit, on consulte. Car certains voient sans doute un paradoxe entre la nécessité reconnue d’intégrer l’usage et l’enseignement des technologies à l’école et celle d’en interdire sa représentation la plus manifeste.

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Sauf qu’à bien y regarder, il sera difficile d’inculquer aux élèves que leur smartphone est un outil pédagogique avant d’être cette extension de la vraie vie qui pépie, scintille et leur tend un miroir parfois déformant. S’il est une incitation à l’école buissonnière, il est aussi un frein aux échanges. Alors éteignons-le.

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Dans la classe, c’est la transmission du savoir qui importe, avant son canal de distribution. Dans le préau, c’est le temps de la parole qu’il faut privilégier, des échanges et même des bagarres. A celui qui prétend que ceux cachés derrière leur écran à la récré seront des «sans-amis» si on le leur retire, on peut répondre ainsi: la solitude s’apprivoise ou se combat, l’ennui est source de créativité, le temps du silence est un temps à soi. C’est vrai pour un adulte, c’est encore plus vrai pour un enfant. Si une alerte de votre smartphone a perturbé la lecture de ce billet, vous serez peut-être sensible à ce propos.

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