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L’application mobile Snapchat rencontre un succès grandissant chez les jeunes entre 13 et 24 ans.

Sur les réseaux

Snapchat, roi de l’immédiateté

Le partage éphémère de photos et de vidéos? Les adolescents adorent, les adultes n’y comprennent rien. Forte de ses 200 millions d’utilisateurs, l’application mobile Snapchat constitue une mine d’or pour les annonceurs et les médias

«Il faut que je lui parle? Mais qu’est-ce que je dois dire? Je n’ai rien envie de dire». Les premiers pas de Morgan Freeman sur Snapchat ont beaucoup fait rire la toile. La réaction pour le moins embarrassée de l’acteur de 78 ans face à l’application coqueluche des adolescents traduit l’important décalage ressenti par toute une frange de la population de plus de 30 ans.

Fondé sur le partage de photos et de vidéos, Snapchat se situe à mi-chemin entre la messagerie et le réseau social. Depuis sa création en 2011 sous le nom de Picabo, la société n’a cessé de croître. Elle compte aujourd’hui quelque 200 millions d’utilisateurs – du quidam aux célébrités les plus influentes – et se rapproche de YouTube avec 8 milliards de vidéos vues quotidiennement. De quoi convertir l’application mobile en terrain de chasse prisé des marques, mais aussi des médias qui s’y pressent pour toucher un public jeune dès 13-14 ans – plus de 70% des utilisateurs ont moins de 25 ans.

Lire aussi: Start-up discrète, Snapchat affiche six milliards de vidéos par jour

Contenu visuel éphémère

Complexe et déstabilisant aux yeux des adultes, Snapchat modifie les paramètres des réseaux sociaux. La photo de profil devient ainsi un Snap Ghost, une image en mouvement. Misant sur l’ultra-immédiateté, l’application au fantôme blanc se démarque surtout par son contenu éphémère: chaque photo n’est visualisable que dix secondes. Une manière de revendiquer le droit à l’oubli et d’empêcher les captures d’écran compromettantes. «Moins esthétique qu’Instagram, plus ludique que Facebook, Snapchat permet de publier et d’interagir en flux continu sans que cela n’entraîne de conséquences», analyse la spécialiste des réseaux sociaux Isabelle Mathieu. Nouveauté depuis 2013: les «stories» dont le contenu reste disponible durant 24h. L’idée est alors de raconter son histoire à travers une suite de clichés ou de microvidéos.

Journal de bord animé

Séquencer son quotidien, le mettre en scène pour lui donner une cohérence et en faire partager ses amis: on adore! Alors on filme tout, tout le temps. On se filme assoupi au bureau, détendu dans son bain, déchaîné en boîte de nuit, pressé au supermarché. Si Kylie Jenner le fait, pourquoi pas nous? On capture chaque instant, la barquette de frites que l’on s’apprête à déguster, sa nouvelle parka dégottée en friperie, la moue de son labrador ou encore sa coupe au réveil. Le moindre détail, aussi trivial soit-il, est digne d’être flashé. On communique aussi un peu, tout de même, à coup de messages subliminaux ou de dédicaces assumées. Légendes et smileys en prime.

Médias et marques trustent la place

Les médias, eux aussi, ont des choses à raconter. Vingt d’entre eux, triés sur le volet, figurent sous l’onglet Discover de l’application. Des mastodontes de l’information tels que CNN ou le Daily Mail, mais aussi des pure players comme Vice et BuzzFeed. Le snapchatteur peut ainsi assister aux émois de Miss Univers, découvrir le milieu naturel des ratons laveurs ou se glisser dans la peau d’un militant anti-Trump. Pour les médias, c’est l’occasion d’atteindre un public volatil. «Mieux vaut 5 secondes de CNN sur Snapchat que pas de CNN du tout à la télévision», résume le spécialiste des médias sociaux Frédéric Cavazza.

Accompagnée de textes et d’infographies, l’animation vidéo se veut plus accessible: «On assiste à l’émergence d’un nouveau canal de diffusion». Entre deux séquences, les spots publicitaires s’invitent. Victoria Secret et Mc Donald’s ont franchi le pas, moyennant 750 000 dollars par jour. Les annonceurs et les studios de cinéma se lancent eux aussi à travers les filtres – casque Samsung ou Gatorade – qui customisent les photos. Il s’agit là d’«un coup de maître de la part de Snapchat qui parvient ainsi à monétiser son audience», analyse Frédéric Cavazza. On pensait la volatilité de Snapchat non-monétisable. On se trompait.

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© Gabioud Simon (gam)