On vous a compris, Monsieur le ministre de l’Economie: «chaque kilowattheure compte!» Même si, comme souvent, Guy Parmelin n’a pas terminé sa phrase, dimanche soir face à la journaliste Jennifer Covo – «la population, en prenant des mesures… » – le message est passé: chacun d’entre nous est prié de baisser son chauffage, de surveiller la consommation de son frigo. D’adopter un comportement responsable. Pas plus que le Conseil fédéral, le ministre n’a pourtant jusqu’ici utilisé le mot qui provoque une remontée de bile chez les ultra-libéraux, «sobriété». A ceux qui, pour freiner notre boulimie électrique, préfèrent croire aux mécanismes du marché et à la privatisation de l’énergie, c’est-à-dire aux conséquences sur le porte-monnaie des consommateurs et à leurs souffrances, le Conseil fédéral oppose simplement de repenser nos usages. Il mise sur un changement de comportement individuel.