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Le comité d’initiative pour une «assurance publique universelle» pour le remboursement des soins dentaires, le 11 janvier dernier à Lausanne.
© LAURENT GILLIERON / Keystone

editorial

Soins dentaires, le prélèvement de trop

EDITORIAL. L’initiative pour l’assurance des soins dentaires sur laquelle les Vaudois votent le 4 mars ne répond pas à un besoin général et s’en prend une nouvelle fois aux salaires de la classe moyenne. Un double vice

Les soins des dents coûtent cher et peuvent déstabiliser le budget du ménage. Ils suscitent du tourisme dentaire et certains y renoncent même pour des raisons financières. Il y a un problème réel, comme le montre le fait que la question revient de manière récurrente dans le débat politique. Des initiatives pour le remboursement sont pendantes dans plusieurs cantons latins, semblables à celle sur laquelle les Vaudois, les tout premiers, votent le 4 mars prochain.

Des raisons plus fortes encore justifient pourtant de rejeter une telle initiative. D’abord, il n’y a pas de besoin général. L’Office fédéral de la santé publique estime à 5,8%, dans la région lémanique, la part de la population qui renonce à des soins par manque de moyens. C’est trop, sans doute, mais pas assez pour imposer une assurance obligatoire des soins dentaires de base, coûtant entre 300 et 400 millions de francs et financée par des prélèvements sur les salaires d’une part, par le budget public de l’autre.

Lire aussi: Ces Suisses plombés par leurs frais dentaires

Globalement, l’état de santé bucco-dentaire de la population est très bon. Environ 70 000 personnes, soit 10% de la population vaudoise, bénéficient déjà d’aides pour leur bouche, au titre des régimes complémentaires AVS-AI, des PC familles ou de l’aide sociale. Ce qui fait de Vaud l’un des cantons les plus généreux en la matière.

Etat social en expansion

D’autre part, les salaires des Vaudois, ceux de la classe moyenne en particulier, doivent être absolument protégés. Les primes d’assurance maladie sont quasiment les plus chères du pays et la fiscalité vaudoise est parmi les plus lourdes de Suisse pour le segment moyen et supérieur des contribuables. Les prélèvements obligatoires doublent la note du fisc.

Sous le règne de la majorité de gauche au Conseil d’Etat, l’Etat social vaudois s’est étendu nettement. Certes, la manne publique retombe sur une partie de la classe moyenne, mais celle-ci aurait davantage besoin d’une baisse d’impôt. Comme «contrepartie sociale» à la nouvelle fiscalité des entreprises, l’Etat a prévu pour 150 millions de francs de prestations supplémentaires, pour l’accueil de jour, les subventions LAMal et des allocations familiales vouées à devenir les meilleures de Suisse. On devait s’en tenir là pour un moment.

La perspective de ce nouveau prélèvement obligatoire pour les frais dentaires a donc donné lieu à un psychodrame politique comme le canton, à force de «compromis dynamiques», en avait perdu l’habitude. Le Grand Conseil à majorité de droite a chahuté le contre-projet proposé par Pierre-Yves Maillard, qui, de rage, s’est déclaré pour l’initiative. Mais ce faisant, l’exécutif expose ses divisions et manque de crédibilité, lui qui avait été le premier à préconiser une solution plus raisonnable.

Le souhaitable rejet de cette initiative permettra au gouvernement de revenir, en collaboration avec les dentistes, avec des solutions ciblées améliorant la situation de bénéficiaires, les working poor notamment, qui en ont vraiment besoin.

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