Les secouristes toujours plus nombreux à avoir rejoint Port-au-Prince menaient vendredi une course contre la montre pour sauver celles et ceux que le séisme a blessés, traumatisés et plongés dans le dénuement. Depuis jeudi soir, des médecins opèrent sans interruption dans des conditions très précaires. L’eau potable et les vivres manquent, ce qui rend plus pénible encore le quotidien des survivants bloqués dans le centre-ville de la capitale, où rôde l’odeur de la mort.

Des sauveteurs étrangers bien équipés réussissent parfois à extirper des gravats quelques miraculés. En l’absence de coordination, ils interviennent d’abord sur des sites qui sont souvent ceux fréquentés par les expatriés, comme l’Hôtel Montana, le plus chic de la capitale.

Le centre-ville est toutefois resté étonnamment calme vendredi. L’humeur était à la frustration et à la résignation, plus qu’à la colère. Parmi les habitants capables de se mouvoir seuls, beaucoup prenaient la route de l’exil, pour trouver un refuge à l’écart de la zone sinistrée.

L’ambassadeur de Suisse en Haïti s’est réjoui d’avoir pu contacter une centaine de Suisses parmi les 180 établis dans l’île; deux blessés étaient signalés. Les recherches continuaient pour localiser les autres.

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