Pic énergie

La solution viendra-t-elle d’un pic ou d’un choc pétrolier?

OPINION. En 2018, les investissements dans les énergies renouvelables ont reculé alors que pour les énergies fossiles, ils ont augmenté, écrit notre chroniqueur Laurent Horvath. Un choc pétrolier comme celui de 1973 pourrait toutefois se représenter et provoquer un changement salutaire

L’histoire enseigne que les décisions cruciales et disruptives sont prises lors de crises majeures ou à la suite d'une guerre. L’apathie mondiale actuelle dans les domaines énergétiques et environnementaux ne semble pas déroger à cette règle. Depuis le choc pétrolier de 1973, aucune refonte sérieuse d’une utilisation judicieuse du pétrole n’a été lancée. Au contraire, nous avons dépassé les 100 millions de barils/jour (b/j) et 415 ppm de CO2 sans sourciller. La situation pétrolière tendue pourrait pourtant offrir une opportunité de repenser un système qui arrive à bout de souffle et de s’attaquer aux réchauffements climatiques.

La croissance de l’économie mondiale est bâtie sur l’utilisation des énergies fossiles dont le gaz, le charbon et le pétrole. Une augmentation de 3% du PIB nécessite d’ajouter en moyenne 1,2 million de barils par jour sur les marchés. Ainsi, entre 2008 et 2017, la croissance de la demande pétrolière a grimpé de 9,6 millions b/j. Deux pays, les Etats-Unis et le Canada, ont couvert 82% de cette hausse alors que la grande majorité des pays producteurs se battent pour maintenir leur production ou minimiser leur baisse.