La situation récente de l’utilisation forcée d’une plateforme numérique de «proctoring» (surveillance d’examens) par la Faculté d’économie et de management de l’Université de Genève soulève deux problèmes importants qui nous touchent très directement et met en évidence le décalage croissant entre nos institutions et le monde dans lequel nous vivons et souhaitons vivre en matière de transition numérique. Le premier consiste à s’abriter derrière et à exploiter les failles ou les manques juridiques pour arriver à ses fins, coûte que coûte, cédant au solutionnisme technologique au lieu de se poser les vraies questions (politiques) difficiles.

L’entêtement à vouloir à tout prix imposer et forcer les étudiants à utiliser une telle plateforme, et cela malgré l’avis défavorable du préposé cantonal à la protection des données et à la transparence, malgré les demandes explicites des étudiants et en dépit de nombreux avis sur les aspects inefficaces et anxiogènes de ces approches, est déjà en soi très discutable. Et c’est sans parler des essais dans l’urgence d’examens en blanc sur la plateforme qui semblent avoir été catastrophiques.