Charivari

Nous sommes tous féministes

OPINION. Si nous croyons dans une société juste et égalitaire, nous ne pouvons pas ne pas être féministes. Même si la femme fait ce qu’elle veut de son corps…

Vous êtes pour la justice sociale? Les discriminations et les inégalités vous heurtent profondément? Alors vous êtes féministe. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Vous êtes féministe comme vous êtes antiraciste, égalitariste et humaniste. Ou, pour le dire autrement, si vous vous considérez comme antiraciste, égalitariste et humaniste, vous ne pouvez pas ne pas être féministe. C’est de la pure logique… idéologique!

Ne pas être féministe, c’est accepter tranquillement qu’une moitié de la population soit discriminée dans à peu près tous les domaines. En Suisse, on parle de l’égalité des salaires, combat qui vient de recevoir une baffe au Conseil des Etats – supercadeau pour le 8 mars! – mais, à l’échelle du globe, il s’agit souvent de vie, voire de survie.

En cas de restrictions alimentaires, une mère nourrit ses fils avant ses filles. Les femmes sont neuf fois sur dix les victimes des décès par violence conjugale. Des millions de fœtus féminins ont été et continuent d’être supprimés en Inde et en Chine en raison de facteurs culturels et socio-économiques. En matière d’éducation, les deux tiers de la population mondiale analphabète sont des femmes. Dans l’Union européenne, seul un professeur d’université sur dix est une femme… Je continue?

Flipper pour la lignée

On connaît tous ces chiffres. Ou d’autres, tout aussi accablants en termes de déséquilibre. Pourtant, peu d’entre nous se déclarent féministes. Pourquoi? Peut-être parce que le terme a été diabolisé. Quand on entend féminisme, certain(e)s n’entendent pas égalité homme-femme, mais «haine du mâle». Et ça, bien sûr, ça fait mal.

D’où vient le twist? Peut-être du combat légitime des années 1970 pour le droit à l’avortement, mené sous le fameux slogan «Mon corps m’appartient». S’il y a bien un aspect qui règle l’histoire de l’humanité, c’est la question de la procréation. Un homme qui craint de ne pas pouvoir se prolonger comme et quand il l’entend se vit comme un homme diminué et flippe pour la lignée. C’est peut-être ici, dans cette perte de contrôle de la maternité, que s’origine la peur, sinon la haine du féminisme.

Cette peur n’est pas totalement infondée, mais elle est largement fantasmée. Très majoritairement en Occident, le projet familial est mené à deux dans le respect de chacun. Ainsi, ne nous trompons pas de cible et battons-nous pour l’égalité. Car si nous sommes humanistes, nous sommes féministes.


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Pourquoi le tueur de masse est-il toujours un homme?

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