Revue de presse

Sortie de son disque posthume: Johnny rallume le feu qui couvait

Enfin, enfin, voici son «pays» qui «est l’amour»! Jour J pour l’album le plus attendu du XXIe siècle. Mort depuis dix mois, le Taulier y dit en avoir déjà «parlé au diable»: impossible donc d’y échapper dans les médias

Un peu kitsch, ce vendredi matin, la une de Libération, avec sa couronne mortuaire fleurie au centre de laquelle se love un vinyle affichant le visage de l’idole des jeunes (et des vieux)! Mais avec un titre efficace, «Même pas mort», pour célébrer le jour J tant attendu de la sortie de l’album posthume de Johnny Hallyday, Mon pays c’est l’amour (Warner). Avec cette chanson phare dédiée à celui «qui saura l’écouter»: J’en parlerai au diable, disponible en primeur, gratuitement, sur son site officiel.

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«Le 51e album studio de la star, enregistré en août 2017, a été mis en vente en grande pompe dans la nuit de jeudi à vendredi. Suivront Aretha Franklin, Bashung ou Maurane… Une industrie du disque posthume à laquelle les œuvres orphelines ont désormais peu de chances d’échapper», dit Libé qui n’y consacre pas moins de quatre pages, avec cet autre titre bien trouvé, glané au fil de son analyse du business du jour: «Les comptes de la crypte».

Les reporters d’Europe 1 sont allés à la rencontre des fans du Taulier. Certains ont «patienté plusieurs heures», et puis il est arrivé, Mon pays c’est l’amour – un titre d’album qui navre son fils David, dit RTL – «est disponible depuis 0h01». L’événement «a justifié un dispositif exceptionnel aux quatre coins de la France» pour satisfaire l’avidité «de fans aussi excités qu’émus. […] En ouvrant exceptionnellement son magasin des Champs-Elysées, à Paris, entre minuit et 4 heures, la Fnac a visé juste. La ferveur était bien au rendez-vous, avec des centaines de fans massés devant les portes bien avant l’heure d’ouverture, dans l’attente du précieux bien.»

«Huit cent mille albums mis en place, indique 20 minutes France. C’est gigantesque et historique. […] Le public pourra découvrir les 11 titres à Saint-Lazare, où la plateforme musicale Deezer a mis en place une structure circulaire qui diffusera l’album jusqu’à dimanche prochain, grâce à 200 câbles d’écoute. Il suffira de brancher ses écouteurs ou son casque à la structure.» Sur le plan des prévisions commerciales, «on est face à des volumes extrêmement rares» et l’on parle déjà de performances bien supérieures à l’autre championne du genre, Mylène Farmer.

D’ailleurs, c’est confirmé: peu après 8 heures ce matin, l’album était déjà disque de platine, avec 100 000 exemplaires vendus, lit-on sur le site de la chaîne LCI, qui a suivi la ruée en temps réel. Les proches du chanteur défunt, eux, «encaissent le coup», selon le site belge 7 sur 7. «Ils ont travaillé plusieurs mois sur ce projet […]. Le disque ne leur appartient désormais plus, ils ont fait tout ce qu’ils estimaient nécessaire […]. Désormais, c’est le choc. Le silence. L’absence.» Sébastien Farran, son manager de longue date, a confié jeudi soir au Parisien avoir «réalisé ce matin que Johnny était parti». Ce quotidien a également interrogé Line Renaud en vidéo: «J’avais l’impression que j’allais le voir en écoutant l’album», confie-t-elle, effondrée:

«Sur la façade de l’immeuble parisien du label Warner France, au 118 rue du Mont-Cenis dans le XVIIIe, une bâche géante reproduit la pochette» de cet album, raconte notre confrère de L’illustré. «Du haut de l’image crépusculaire, le rocker nous fixe. Il est arrêté. Sa main que l’on devine est posée contre un mur. Peut-être tient-elle une cigarette, son dernier vice. […] Il semble prêt à en découdre. Est-il inquiet, contrarié, agacé? […] La photo, signée Dimitri Coste, date de 2012. […] Il y a quelque chose de solennel et de grave dans ce visuel. Il porte le deuil d’un homme devenu une idole par la grâce de son talent et de son parcours. Une vie tourbillonnante et dingue, une carrière de forçat.»

«Mon pays c’est l’amour, qui balaie tous les styles musicaux (rockabilly, blues, rock) abordés par Johnny […] et devrait à ce titre contenter ses fans», sort en trois éditions: CD simple, CD collector à tirage limité avec livret et vinyle. Comme tous les fans, Frédéric Haenel, 38 ans, conducteur d’engins de travaux à Erstein (Bas-Rhin), qui possède un véritable musée de la star chez lui, attend avec impatience de découvrir l’album, précommandé sur internet, a-t-il confié au Monde: «Si mon patron me le permet, j’irai à l’ouverture des magasins en chercher un deuxième avant d’aller au travail pour l’avoir aussi dans ma voiture. Pour nous, c’est une manière de prendre conscience qu’il n’est plus parmi nous. C’est le dernier cadeau à ses fans.»

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