Revue de presse

Par ici la sortie, MM. Blatter et Platini!

Les «Dupont et Dupond» des faîtières footballistiques mondiales sont éjectés de la «table des Rois». L’un a entraîné la chute de son héritier présomptif, lit-on dans les médias. Equitable? Platini voit son rêve s’éloigner de gouverner à son tour la FIFA; certains le regrettent

Huit ans de suspension. Egalent «fin de partie», titre la Neue Zürcher Zeitung. Et dans Google, sous l’article «Joseph S. Blatter – FIFA. com», on tombe déjà sur Issa Hayatou, président de la FIFA par intérim, c’est dire… Le Haut-Valaisan, qui était dans la place depuis 1998, ainsi que Michel Platini, son homologue de l’UEFA depuis 2007, ont été donc suspendus durant huit ans de toute activité liée au football.

Le premier des deux «quitte ainsi par la petite porte la FIFA, dont il était salarié depuis 1975. Le monarque déchu laisse derrière lui une organisation richissime (une réserve financière de 1,4 milliard d’euros en 2015) mais minée par les scandales de corruption» rappelle Le Monde. Ce pour quoi il devrait «même faire de la prison», tout comme son acolyte, selon le Bild.

Lundi, la justice interne de la FIFA a donc enfin rendu son verdict dans l’affaire du paiement controversé de 1,8 million d’euros liant les deux dirigeants. Qui peuvent faire appel devant la faîtière, puis devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Ce qui rend désormais assez difficile l’accession de Platini à la présidence de la FIFA le 26 février prochain.

Lire aussi: Blatter et Platini déclarent la guerre à la FIFA

Pour la Tribune de Genève, cela ne fait aucun doute: «La carrière politique» de Sepp Blatter et, surtout, celle de Michel Platini sont «bel et bien terminées»: «Les Dupond et Dupont des institutions ont acquis l’assurance de n’avoir plus aucun avenir dans le football. Certes, s’offre encore à eux la possibilité de batailler devant les tribunaux au travers de recours de la dernière chance, mais la cause paraît entendue.» A la «table des Rois», la bombance est terminée.

Pour 24 heures aussi, «le mouvement est irréversible»: «Déclenchée depuis plusieurs mois, par les justices américaine, puis suisse, la lame de fond» les «emporte», et avec eux «tout un système de gouvernance qui nécessite une réforme de première importance». «On ne peut qu’applaudir», commente de son côté Le Matin, mais «pour la justice sportive, la vraie bataille commence […] maintenant». On trouve exactement la même formule dans la Frankfurter Allgemeine. Et ces mots sur le compte Twitter du chef des sports de la RTS:

Eurosport se pose toutefois la question qui agite les Français: «La commission d’éthique a-t-elle bien eu raison de mettre les deux accusés sur le même plan? C’est discutable.» En résumé: «Punir Platini est-il juste?» Réponse: «Peut-être. Sans doute, même. Il faut avoir confiance en la justice. Mais l’ampleur de la sanction dont a écopé le Français peut être troublante pour le quidam, eu égard au passif comparé des deux hommes les plus puissants de la planète football.»

Devrait-on alors «regretter que la justice soit passée»? «Quand on voit l’état de la FIFA et les us et coutumes qui avaient cours à Zurich, difficilement. On peut néanmoins se poser des questions quant à la manière de le faire. Le fond, c’est important. La forme, comme les symboles, aussi.»

Une «conspiration»?

Sur le site d’Eurosport encore, Philippe Auclair pense que «si Blatter et son allié et héritier présomptif d’il n’y a pas si longtemps […] en sont réduits aujourd’hui à fonder de très minces espoirs de réhabilitation […], ce n’est pas à cause d’un complot ourdi par des forces mystérieuses, mais bien parce que le FBI et, dans leur cas précis, la justice suisse ont précipité leur chute. Il est tout de même étonnant que ce fait ne soit pas rappelé plus souvent.» Un de ses interlocuteurs, avoue-t-il cependant, lui assurait récemment que «Platini avait été victime d’une conspiration, et que, tôt ou tard, son «innocence» serait établie. L’avenir le dira.»

Et lorsqu’il lui a demandé «qui était ou étaient le ou les cerveaux de cette cabale», il lui répondit avec le plus grand sérieux: «Blatter et les Américains.» Autrement dit: la FIFA et le FBI contre la France, ça fait beaucoup.

«Comme un bleu»

Mêmes doutes dans Le Soir de Bruxelles: «Il est évident, dans cette sombre histoire, qu’on a le sentiment que Platini s’est fait avoir «comme un bleu» par le parrain du football mondial, qui entendait bien faire tomber son meilleur ennemi en même temps que lui. […] Mais l’essentiel, dans le fond, n’est pas dans le destin personnel de ces deux figures. […] L’essentiel, c’est qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du sport. […] La guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires, disait Clemenceau. Le sport est-il aujourd’hui une chose trop sérieuse pour être confiée aux sportifs?»

Enfin, sur Twitter, Hvitserk ‏(@Bast_78) décerne «le prix du meilleur commentaire concernant #Platini & #Blatter» au spécialiste du football de l’Est, Rémy Garrel (@Starlin63). On vous en livre ici une version qu’on dira poliment «expurgée» – on ne la retrouve d’ailleurs plus sur le site de microblogging:

«Ecoutez Sepp Blatter et Michel Platini qui pleurent dans les médias […]. Ces messieurs qui sont depuis des années à la tête d’organisations mafieuses qui rackettent les associations de supporters, qui p… sur les fans, l’essence même du football, qui protègent des grands clubs aussi pourris qu’eux et qui enfoncent les plus petits.

«Continuez à pleurer»…

»Platini, la marionnette de Gazprom, a la bouche pleine des dollars de Poutine quand l’autre ne sait plus où ranger ses lingots d’or qataris. Dessous-de-table, tirages truqués, trafic d’influence, vous êtes une honte pour le football, pour tous les enfants que le foot fait rêver, pour tous les supporters qui se saignent pour payer leur abonnement et qui font 1000 kilomètres chaque week-end pour leur équipe.

»Continuez à pleurer derrière vos avocats, Messieurs, les Qataris continueront à financer le terrorisme, les Russes continueront d’agresser militairement l’Europe.

»Je vous souhaite une longue et douloureuse agonie, bande de sous-m…

»Love Football, Hate UEFA.»

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