Le business de la musique reste sûrement un des plus difficiles qui soit. La plupart des chanteurs ont connu des succès - parfois un seul - qui les propulsent brutalement au devant de la scène, leur font gagner un peu d'argent (s'ils sont tombés sur un producteur honnête) puis, le plus souvent, ils disparaissent. C'est le propre de l'industrie artistique: vous êtes condamnés à réaliser des pièces uniques. Il existe très peu de possibilités de se couvrir en produisant à peu près la même chose à chaque fois. C'est le cas dans le cinéma avec les franchises et les films de super héros par exemple, où les studios cherchent sciemment à couvrir leurs risques, mais cette approche ne fonctionne pas dans l'univers musical. Vous êtes condamnés à faire un hit, sinon vous disparaissez aussi vite que vous êtes entrés sur le marché. 

Quelques musiciens de talent ont pourtant réussi à mettre fin à cette malédiction et Jay Z en fait partie. Ce dernier a un talent hors norme: cette semaine encore, il est devenu le premier rappeur à entrer au Hall of Fame des songwriters. Pourtant ses fans n'ont pas eu d'album ou de concert à mettre sous la dent depuis bien longtemps. Signe que sa musique a de l'impact, que le rap n'était pas juste une mode... Et que Shawn Carter, son vrai nom, sait rebondir.

Cette semaine encore, Jay Z a en effet annoncé qu'il créait son propre fonds d'investissement afin de s'intéresser à des start up au tout début de leur activité. Le musicien a depuis bien longtemps développé un talent hors-norme aussi dans le domaine des affaires. En janvier, il annonçait ainsi que sa plateforme de streaming - donnée pour morte par l'industrie - vendait un tiers de son capital à l'opérateur Sprint. Une opération qui valorise Tidal, créée avec des musiciens stars pour protéger leurs droits, à 600 millions de dollars alors que Jay Z l'avait racheté 56 millions en 2015.

Mais ce n'est qu'une partie de l'iceberg Jay Z: ce dernier a par exemple investi dans Uber en 2011 déjà, quand la start up n'était évaluée qu'à 300 millions de dollars, contre plus de 60 milliards aujourd'hui. Ses investissements plus traditionnels dans le divertissement, les vêtements, les alcools, le sport ainsi que son deal très avantageux avec le géant des promoteurs de tournée Live Nation ont fait de lui un des musiciens les plus riches. Qui sait encore se faire plaisir en investissant par exemple dans le français Devialet, créateur d'une enceinte révolutionnaire.

Et la musique? Le mari de Beyoncé y reviendra sûrement très vite mais en attendant, il ne dépend plus du sacro-saint hit.   

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