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La centrale de Gösgen (SO).
© Christian Beutler/Keystone

Revue de presse

Sortir du nucléaire rapidement? Les médias romands disent oui

L’imminence de la Stratégie énergétique 2050 ravive la bataille des chiffres et des idéologies avant la votation sur l’initiative des Verts de dimanche. Petit tour de piste avec six éditoriaux

Dans trois jours, les jeux seront faits: on saura, ce dimanche, si les citoyens et les cantons suisses sont en faveur ou non de l’initiative populaire «Pour la sortie programmée de l’énergie nucléaire (initiative «Sortir du nucléaire»)». «Le Temps» s’est déjà prononcé en sa faveur, prétextant – entre autres arguments – que «face au référendum lancé par l’UDC et des pronucléaires acharnés» contre la Stratégie énergétique 2050, «face au jeu trouble d’Axpo», un oui pouvait «doper, accélérer la modernisation de l’approvisionnement énergétique» dans un pays où la fin du nucléaire se rapproche de toute manière «à grands pas».

Lire aussi: Et si on relevait le défi de la sortie volontariste du nucléaire?

Mais qu’en disent quelques autres médias romands? La Tribune de Genève a une optique similaire, elle qui écrit que «le puissant courant vers une sortie rapide du nucléaire le dispute aux comptes d’épiciers des increvables et très intéressés défenseurs de l’atome qui […] cherchent à gagner du temps, le temps d’un accident peut-être. Non, il est aujourd’hui l’heure de tirer la prise.»

Cela «constitue non seulement une nécessité mais également l’opportunité de s’engager plus avant dans les technologies d’énergie renouvelables […]. Et cela sans attendre le programme d’énergie 2050 qui garde toute sa raison d’être.» Quant au marché de l’électricité verte, son avenir «est certain», quoi qu’en disent «les puissants partisans du nucléaire qui ont trop longtemps fait la pluie et le beau temps en matière énergétique».

«Acceptée par le peuple ou non», l'initiative «aura en tout cas montré que les écologistes ont depuis un bon moment gagné la bataille des idées. La preuve, selon Lausanne-Cités? C’est au nom de l’impact sur l’environnement que les opposants à l’initiative construisent leur argumentation», car un oui «conduirait paradoxalement à une accélération du réchauffement climatique» par l'importation d'autres sources énergétiques.
 

Il faut les «éteindre rapidement et définitivement»

«Sans une obligation impérative de reconversion, renchérit Le Quotidien jurassien, la Suisse ne sera pas incitée à donner le coup d’accélérateur indispensable à une réforme rapide et efficace de son approvisionnement en électricité. […] Sans cette contrainte, le pays resterait certes sur la voie de la sortie du nucléaire, mais une voie lente. […] La Suisse doit avoir confiance en elle, en ses ressources, en son inventivité, en son pragmatisme pour trouver des solutions. Et éteindre rapidement et définitivement ses centrales atomiques.»

La Liberté de samedi dernier était sur la même ligne, dans sa version imprimée. Pour le quotidien fribourgeois, «la Suisse doit sortir du nucléaire, qui est une énergie sans avenir. (...) La controverse porte sur la vitesse de ce désengagement, parce que le  «rythme est jugé trop rapide par les partisans du non. Sortir du nucléaire, soit, mais avec méthode, répliquent-ils, et pas de manière chaotique comme les écologistes en font courir le risque selon eux. Le chaos, vraiment?» Dans les faits, «nous sommes déjà en train de sortir du nucléaire. Alors autant tirer la prise un bon coup. Soyons lucides, dans une phase transitoire, il faudra en passer par l’importation d’énergie atomique étrangère ou d’électricité produite à partir de charbon.»

«Plus aucun atome crochu»

Mais il faut bien choisir. Alors, «entre une cohérence sans faille ou notre bilan carbone d’un côté, la sécurité de l’autre, cette dernière doit primer. En outre, prévoir la mise hors service des centrales donnera (...) un coup de main à Doris Leuthard. C’est elle qui a voulu sortir du nucléaire, énergie du passé, auquel sa Stratégie 2050 reste malgré tout crochée. Et avec laquelle de nombreux Suisses n’ont plus aucun atome crochu.»

L'éditorial de La Gruyère est, lui, encore plus imagé. «Tic-tac, tic-tac», menace-t-il. «Que ferions-nous si nous étions assis sur une bombe? A) Se dire qu’elle ne sautera jamais B) Attendre de trouver un autre siège confortable avant de s’en aller? C) Fuir le plus rapidement possible?» En matière nucléaire, «accélérer la procédure aura un coût, mais le jeu en vaut la chandelle.» Mais «nul doute que la Suisse, qui ne rechigne jamais à dégager des milliards pour sécuriser ses tunnels, peut s’offrir la sortie du nucléaire d’ici 2029. Quel magnifique cadeau pour les générations futures!»

Trois constats importants

Aux yeux de 24 heures, l’initiative des Verts «ravive les batailles de chiffres et les fronts idéologiques», ce qui nécessite de poser trois constats. «Le premier concerne le surcoût […]: au pire, une augmentation marginale de la facture électrique annuelle des ménages. Mais aussi, plus préoccupant, une pénalisation au moins temporaire de la croissance. Le second touche aux investissements dans les nouvelles énergies renouvelables. Ils sont insuffisants. […] Et les recours ralentissent encore de très nombreux projets.»

Mais surtout, le troisième constat «concerne chacun d’entre nous: le maintien d’une consommation actuelle […] rend impossible une transition qui s’affranchisse des sources fossiles. La baisse du prix de l’électricité finira par voter à la place des citoyens. Et les centrales nucléaires fermeront les unes après les autres. Mühleberg, qui coûte trop cher à son exploitant et sera fermée en 2019, a montré la voie. Le choix du 27 novembre est donc d’abord une question idéologique.»


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