Une campagne à mi-voix, des opposants sans grande force de frappe politique, et pourtant le camp du non progresse, selon les sondages. La partie n'est pas encore gagnée pour la recherche sur les cellules souches de l'embryon humain.

Les promoteurs de la loi l'ont su dès le début: sur cette question éthiquement sensible, il faut compter avec une part d'opposition incompressible, la même qui condamnait, déjà, la fécondation in vitro et l'avortement. La particularité du scrutin du 28 novembre tient à ce que, cette fois, les fronts sont moins nets. La gauche, en effet, s'est montrée majoritairement opposée à la loi durant toute la phase parlementaire, pour des raisons peu compréhensibles, et le mot d'ordre finalement favorable du PS, en octobre, dissimule mal les profondes divisions qui règnent dans ses rangs.

La recherche sur les cellules souches de l'embryon doit pourtant être approuvée sans arrière-pensées. On peut, bien sûr, penser que l'homme moderne a perdu le sens de sa propre finitude et doit réapprendre à accepter la maladie et la mort. Soyons honnêtes: le plus souvent, c'est là un discours de bien portants, qui justifierait tout aussi bien que l'on se prive, par exemple, des thérapies contre le sida – mais l'on n'a guère entendu les opposants d'aujourd'hui aux cellules souches exprimer leurs réserves éthiques à ce sujet. Pour notre part, nous pensons que le souci de la vie malade, au fondement de l'éthique de la médecine et conforme à l'enseignement de plusieurs religions, commande l'acceptation de la loi.

Un rejet ne ferait d'ailleurs que proroger le flou juridique actuel: la législation en vigueur ne permet certes pas d'utiliser les embryons surnuméraires de la fécondation in vitro congelés dans les centres de procréation en Suisse, mais elle n'interdit pas la recherche en tant que telle sur les cellules souches et ne s'oppose dès lors pas à leur importation. Ce serait, éthiquement, la pire des solutions.

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