Valais

Le soudain intérêt de l'UDC valaisanne pour les femmes agite le canton

Au nom de la défense des minorités, l’UDC lance la Haut-Valaisanne Sigrid Fischer-Willa dans la campagne au gouvernement. Sur les réseaux, les socialistes s’étonnent de ce dévouement à la cause des femmes

Ils occupent le terrain: dans les heures qui ont précédé et suivi le congrès unitaire des socialistes valaisans, l’UDC a lancé deux attaques coordonnées destinées à affaiblir l’électorat potentiel des deux candidats de gauche. Vendredi, les démocrates du centre proposaient une liste commune aux libéraux-radicaux, qui pourraient être tentés d’apporter des voix à Stéphane Rossini. Dimanche, ils annonçaient la candidature de la Haut-Valaisanne Sigrid Fischer-Willa. Destiné à rassembler les voix du Haut-Valais et des femmes, son profil ressemble beaucoup à celui d’Esther Waeber-Kalbermatten. Les @ObservateursCH s’en réjouissent déjà: «En Valais, l’UDC devrait partir avec une liste à deux.»

Journaliste à la RTS radio, @Marie Giovanola commente: «Ni poignée de main ni embrassades… ambiance toujours aussi glaciale entre les deux candidats…» Membre de la rédaction en chef du «Walliser Bote», @david_biner en rajoute: «Le congrès du PS valaisan se termine de manière un peu gênante». Ce vendredi, sur fond de tensions internes entre Haut et Bas-Valaisans, 250 militants socialistes ont formalisé les candidatures au gouvernement de la ministre sortante Esther Waeber-Kalbermatten et de l’ancien président du Conseil national Stéphane Rossini. Sur Twitter, le conseiller national @MathiasReynard vante cette liste ouverte, «ambitieuse et de qualité». Avant de s’indigner du traitement médiatique de l’événement: «Oui, ça contrarie les médias mais le PS n’a jamais été aussi fort en Valais!»

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Le PS «se moque» des minorités

L’UDC préparait cette candidature depuis septembre dernier, et le retour de Stéphane Rossini. Presque inconnue, la conseillère communale de Brigue Sigrid Fischer-Willa briguera elle aussi une place au Conseil d’Etat. Partout dans la presse, et malgré les apparences, elle martèle que «ce n’est pas une attaque contre Esther Waeber-Kalbermatten». Sur sa page Facebook, l’UDC du Valais romand relaie l’information. Et commente sous forme de déclaration de guerre: «Avec la candidature de Stéphane Rossini, les socialistes attaquent le siège des Haut-Valaisans, et d’une femme, au gouvernement. Ce parti prêche pourtant à longueur d’année le respect des minorités… mais quand c’est dans son intérêt, il s’en moque!».

Un «combat ethnique»

Interrogé par Le Nouvelliste, Stéphane Rossini accuse les démocrates du centre de transformer sa candidature en «combat ethnique». Pour lui, «l’UDC veut monter le Haut-Valais contre le Bas afin de détourner l’opinion publique des vrais problèmes». Sur les réseaux, ses partisans s’étonnent du soudain engouement des démocrates du centre pour la cause des femmes. Le parti socialiste du Valais romand répond en partageant le statut de sa nouvelle présidente, Barbara Lanthemann, élue ce vendredi: «Paradoxalement et comme chaque année ils déposent un amendement au budget pour supprimer l’office de l’égalité… Quand l’UDC défendra les femmes les poules auront des dents. Est ce que ce monde est sérieux?»

Par ailleurs, et depuis vendredi dernier, la lettre ouverte des démocrates du centre aux libéraux-radicaux sème la discorde un peu partout. En regrettant que la minorité doive «se plier aux vœux de la toute-puissante majorité PDC», le président de l’UDC @desmeulesj propose «une union forte de nos points communs et enrichie par nos différences». Dans les médias, le président du PLR René Constantin promet poliment d’étudier la question. Sur les réseaux, il y a quelques militants pour juger qu’elle «mérite d’être posée». Mais de nombreux autres, comme les @JLRVS, répondent déjà: «Non.» Leur président @tbirbaum tweete même un gif animé sans équivoque: «AWW HELL NO!»

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