L’échec de l’alliance entre le Parti démocrate-chrétien (PDC) et le Parti bourgeois démocratique (PBD), annoncé vendredi, donne lieu à des spéculations sur l’avenir politique de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf.

Cette rupture de fiançailles érode bien sûr la base politique de la ministre PBD à un an des élections fédérales, mais la première question est de savoir quel rôle y a joué la première intéressée.

La NZZ am Sonntag, s’appuyant sur des sources du PDC, affirme que la conseillère fédérale a elle-même pesé dans l’abandon de ce projet. Le président du PBD Martin Landolt se serait du reste plaint du manque de soutien de la magistrate. Dès lors, de deux choses l’une: soit Eveline Widmer-Schlumpf est très sûre de sa réélection, soit elle sait déjà qu’elle se ne représentera pas en 2015, résume l’hebdomadaire, qui tient la deuxième hypothèse pour la plus vraisemblable.

Urs Altermatt, l’historien des partis politiques suisses, imagine aussi la conseillère fédérale se retirer d’elle-même, comme l’avait fait son père en son temps. Seule une radicalisation de l’UDC peut encore menacer la reconquête de son deuxième siège par ce parti, pronostique-t-il.

Pendant ce temps, le président du Parti socialiste, Christian Levrat, assure à qui veut l’entendre le soutien de la gauche à Mme Widmer-Schlumpf. Le numéro un du PS redoute plus que tout la constitution d’une majorité PLR-UDC au Conseil fédéral. Un proche de la conseillère fédérale évalue à « 50-50 » dans la SonntagsZeitung les chances d’une nouvelle candidature de la ministre grisonne, « mais il est clair qu’elle ne se lancera pas sans garantie d’une solide majorité. »

L’aide sociale, grand thème des élections fédérales

L’aide sociale sera l’un des grands thèmes des élections fédérales de 2015, constate le SonntagsBlick. L’hedbomadaire en veut pour preuve le débat en cours au Grand Conseil zurichois sur une sortie de la Conférence suisse des institutions d’aide sociale (CSIAS), l’instance qui fixe les normes d’assistance. Ce serait le premier canton à faire un tel pas, déjà franchi par plusieurs communes., dont la plus grande est Rorschach (SG), qui a pour maire le conseiller national UDC Thomas Müller.

Sous la pression, la CSIAS envisage elle-même de procéder durant 2015 à une révision de ses lignes directrices, nous apprend la NZZ am Sonntag. Questions ouvertes : faut-il revoir à la baisse les montants du « minimum vital » (aujourd’hui 986 francs pour une personne seule et 2100 pour une famille de quatre personnes) ? Réduire la liste des prestations complémentaires ? Durcir les sanctions contre les bénéficiaires qui ne remplissent pas leurs obligations de recherche d’emploi ?

Les stations de montagne en campagne

Les votations fédérales du 30 novembre animent aussi les pages de la presse dominicale, en particulier la question des forfaits fiscaux. L’engagement des communes de montagne dans la campagne suscite la controverse. Une somme de 270 000 francs a été récoltée auprès de plusieurs collectivités publiques pour alimenter la caisse du comité contre la suppression des forfaits, lit-on dans la SonntagsZeitung. St-Moritz, Saanen-Gstaad et Zermatt ont notamment versé leur contribution. Ce que le constitutionnaliste Andreas Auer dénonce comme « contraire à la Constitution ».

Retraite sans impôt au Portugal

Passer sa retraite au Portugal sans payer d’impôts. C’est l‘invitation à laquelle les Suisses sont invités depuis peu par des annonces dans la presse. A condition d’avoir un logement au Portugal et d’y passer 183 jours par an, le statut de « résident non habituel « offre une exonération de tout impôt sur le revenu pour une période de dix ans, nous apprend Le Matin Dimanche. Un phénomène qui ne fait que commencer, mais devrait prendre de l’ampleur, estime Gregor Zemp, de la Chambre de commerce et d’industrie suisse à Lisbonne.

Pascal Broulis, patron des finances vaudoises et chantre des forfaits fiscaux, est obligé de reconnaître qu’ils sont « malins » ces Portugais. L’argentier valaisan Maurice Tornay est moins enthousiaste, qui critique la « politique publique fausse » de ce type de pratiques telles que les proposent le Portugal ou la Grande-Bretagne.

Ueli Maurer contre Ecopop

Ueli Maurer s’exprime dans le SonntagsBlick contre l’initiative Ecopop, la mauvaise recette selon lui. Dans cette interview, le conseiller fédéral ne fait rien d’autre que défendre la position du Conseil fédéral et de son parti, mais au moment où plusieurs sections alémaniques de l’UDC se refusent à suivre cette ligne. « En cas de oui, vous seriez co-responsable car votre parti a préparé le terrain », fait remarquer le journaliste. C’est du reste ce que pense aussi Adolf Ogi dans une interview à la Schweiz am Sonntag. «Le parti, Ueli Maurer y compris, a joué avec le feu», estime l’ancien conseiller fédéral. «Christoph Blocher a tout l’air d’un cocher qui ne peut plus maîtriser ses chevaux, soit la base du parti et les sections cantonales». « Notre initiative (contre l’immigration de masse, acceptée en février dernier, ndlr) donne une bien plus grande marge de manoeuvre, se justifie Ueli Maurer.

Nouvelle affaire de coupage de vins

Encore une personnalité de la viticulture sur la sellette pour une « erreur de coupage », révèle Le Matin Dimanche. Le courtier et négociant en vins vaudois André Linherr reconnaît avoir écoulé 75 000 bouteilles d’un St-Saphorin qui ne méritait pas de porter cette étiquette. Au lieu des 40% maximum provenant d’un autre lieu de production, l’assemblage atteignait 42,5%. Il a pour cela été condamné à une amende préfectorale de 4000 francs. Mais le Ministère public a recouru contre cette sanction trop légère à ses yeux et demande qu’une créance compensatoire soit exigée du courtier.

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