La question brûlante de savoir quelles seront les conséquences géopolitiques de la pandémie de Covid-19, et surtout ses effets sur la politique étrangère chinoise, a engendré une flambée de spéculations. Certains prévoient un coup dur pour l’image de la Chine, dû principalement à sa gestion initiale de l’épidémie, et donc un renforcement de la capacité des pays occidentaux à maîtriser l’agenda international. D’autres anticipent une accélération du basculement mondial vers l’Asie au profit de Pékin, l’Europe et l’Amérique du Nord sortant diminuées de la pandémie. Enfin, les plus pessimistes prophétisent la victoire du modèle autoritaire chinois sur des valeurs démocratiques assaillies par les troubles sanitaires et socio-économiques.

Spéculations donc, car les contre-arguments sont tout aussi crédibles. La pandémie écornera certainement l’image de la Chine, mais celle des Etats-Unis également, et peut-être davantage, les tensions sociales s’ajoutant à une gestion catastrophique de la crise sanitaire. Si la Chine et l’Asie du Nord-Est semblent avoir rapidement pris la mesure de la pandémie, ces pays ne sont pas à l’abri de nouvelles vagues de Covid-19, comme l’illustrent les récentes chaînes de transmission à Pékin. Et les démocraties libérales ont démontré une résilience exceptionnelle aux crises au cours de l’histoire. Il pourrait bien en être de même aujourd’hui.