Les autorités fédérales considèrent enfin le sport professionnel comme un domaine sérieux, qui mérite une aide sur mesure. C’est l’une des bonnes nouvelles du message délivré par le Conseil fédéral ce 18 novembre. Les limitations de spectateurs imposées pour des raisons sanitaires privent les clubs de recettes substantielles. Ces sommes seront remboursées aux deux tiers par la Confédération, à fonds perdu. Des prêts sans intérêts sont également prévus.

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Ces aides directes sont une grande nouveauté dans la politique suisse. La pandémie, là aussi, oblige à innover. Les cantons ont historiquement pris beaucoup de précautions pour se tenir loin du sport professionnel. Les mésaventures du Servette FC, de Neuchâtel Xamax ou encore du Lausanne-Sport, pour ne parler que d’eux, livrés aux lubies de faiseurs mégalomanes, ont eu un effet repoussoir chez des élus se disant soucieux de la gestion des deniers publics. Mais ces idiots se révélaient également fort utiles à des politiciens ne voulant pas se donner la peine de reconnaître que les clubs ne se résumaient pas à ces fanfaronnades et qu’un travail de formation de la jeunesse y était mené, parfois même avec talent. Cette époque est bien terminée et, dans les cantons, les responsables politiques devraient s’inspirer du geste du Conseil fédéral pour considérer les propriétaires des clubs professionnels comme des partenaires, abattant un travail dont la collectivité publique peut bénéficier. Cette prise en considération a d’ailleurs commencé, ici ou là.

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Preuve toutefois que les élus, lorsqu’il s’agit de sport professionnel, observent encore une prudence qu’ils n’ont pas eue lorsqu’il s’agissait de sauver les banques: les conditions auxquelles les aides fédérales seront octroyées sont drastiques. Elles empiètent clairement sur la gestion des clubs en les liant à une baisse de la masse salariale, par exemple.

L’autre bonne nouvelle de ce message, c’est que le collège gouvernemental est bien à l’écoute des cantons: une consultation lui a suffi à comprendre que la somme de 200 millions de francs destinée à aider les entreprises en difficulté est ridiculement basse. Il l’a donc augmentée à 1 milliard. Souhaitons qu’à l’avenir les estimations initiales émanant des services du grand argentier Ueli Maurer soient plus réalistes.