On a rejoué au football, ce week-end en Allemagne. La Bundesliga a été la première ligue professionnelle occidentale à reprendre, après deux mois de pause pour laisser passer la vague. Le ressac a dévoilé une économie exsangue qui, au contraire de celle des spectacles culturels, a la chance de pouvoir vendre chèrement ses images aux télévisions. C’est pour elles, d’abord, que l’on a rejoué.

Les images de ces matchs sans spectateurs, sans ambiance, de ces remplaçants masqués, de ces buteurs qui n’osent plus se sauter dans les bras, sont étranges. On peut les trouver absurdes, comme ces 370 groupes de supporters ultras (d’ordinaire les plus fanatiques) qui ont fait cause commune pour demander que ce football-là ne se joue pas. Comme souvent, qui paye commande. Surtout, ces supporters se trompent: ces huis clos sportifs ont un sens.