Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Avec le duc de Cambridge et le prince Harry mardi soir à Londres: du beau monde au Royal Albert Hall.
© Hannah McKay/Reuters

Revue de presse

«Star Wars VIII»: et voici rouverts les grands livres de la philosophie Jedi

Vous ne le saviez pas? «Les Derniers Jedi» est sorti! Par souci de ne pas trop spoiler l’intrigue, les critiques tentent de gérer la dimension œdipienne d’une saga interminable, qui traverse au moins trois générations de fans

L’avant-première européenne du huitième épisode de la saga cinématographique  Star Wars, «Les derniers Jedi», a eu lieu ce mardi soir à Londres. Les acteurs du film et les princes Harry et William d’Angleterre ont remonté le tapis rouge devant des fans enthousiastes. La projection, organisée au prestigieux Royal Albert Hall, s’est tenue en présence de Mark Hamill (qui joue le personnage de Luke Skywalker), Daisy Ridley (Rey), Adam Driver (Kylo Ren) ou encore John Boyega (Finn). Ils ont été bruyamment accueillis par leurs admirateurs, parmi lesquels certains étaient venus déguisés en gardes impériaux ou encore en Stormtroopers.

Lire aussi: «Star Wars: Les Derniers Jedi»: comme un coup de mou dans la Force

La projection était organisée au profit de la Royal Foundation, parrainée par les princes Harry et William, qui avaient invité plus de 400 personnes, dont des anciens combattants et des bénévoles de la fondation. Les deux princes s’étaient aussi rendus sur le tournage en avril 2016 et auraient semble-t-il pris place – My God! – devant la caméra pour certaines scènes, déguisés dans des costumes de figurants. Et la saga qui court depuis 1977 n’est pas finie, puisque le groupe Disney, producteur du film, a d’ores et déjà annoncé la préparation d’une «toute nouvelle trilogie» Star Wars, en plus de l’épisode IX qui doit sortir en 2019.

Lire aussi cette archive: la critique parue dans le «Journal de Genève» en 1977

Dire qu’une fois de plus, ce nouvel opus était très attendu par les fans d’avant-hier, d’hier et d’aujourd’hui relève de l’enfoncement de la porte ouverte: il n’y a qu’à se plonger dans les plus de 34 000 commentaires sur la page du site Allociné pour s’en rendre compte! Mais au-delà des convaincus, qu’en disent les critiques? Promis: on ne spoile pas.

Sur le site Fichesducinema.com, on a affaire à «une ambitieuse épopée spatiale sur fond de réflexion sur la fatalité. En 2015, Le Réveil de la Force insufflait de la vie dans une mythologie figée dans le marbre. Les Derniers Jedi avait l’impératif de faire prospérer cette vie, et de ne pas simplement camper sur les acquis du film de J. J. Abrams. Entre les mains de Rian Johnson, […] cette suite très attendue répond vaillamment aux attentes. […] Une histoire faite de surprises, où le plaisir de la découverte prime. […] Les protagonistes tournent le dos, ou apprennent à tourner le dos, au passé et à aller de l’avant, à la manière de cette trilogie s’écrivant par étapes, laissant planer le mystère et transpirer l’émotion.»

Pour Télérama, l’initiation, ce thème typique de la saga, «est traitée avec une ambition séduisante: les grands livres de la philosophie Jedi sont ouverts, pour mieux bousculer le mythe et le remettre en question. Le faire mourir, ou revivre. […] Sans Jedi, le monde semble tantôt perdu, tantôt prêt à renaître, enfin soulagé du passé, enfin neuf! […] Ce qui s’exprime là, de façon spectaculaire, […] c’est aussi la volonté de faire de Stars Wars le spectacle total d’aujourd’hui, plébiscité par les fans exigeants comme par les enfants, par les affranchis comme par ceux qui se foutent des tenants et des aboutissants de cette franchise quadragénaire et ont juste envie de passer un bon moment au cinoche.»

«Cela faisait des jours que les réseaux sociaux bruissaient d’avis informels émis par une poignée de journalistes américains qui avaient pu voir en avant-première Les Derniers Jedi, explique Courrier international. Soucieux de ménager un maximum de suspense […], les studios Disney avaient interdit la publication de toute critique avant mardi 12 décembre à 18 heures» (heure suisse). Et alors, les articles «ont commencé à pleuvoir dès 18h01» et l’on s’est vite rendu compte que ce huitième épisode avait «toutes les chances de rencontrer son public». Extraits:

«Psst… Le film […] est vraiment bon! […] Une prouesse visuelle, mais non dépourvue d’un côté humain, ce qui n’est pas rien pour une machine apparemment indestructible qui a décollé il y a quarante ans et dont le moteur ne semble pas près de cesser de vrombir. […] Rian Johnson ne se laisse pas écraser par la mythologie et règle avec légèreté l’Œdipe cinématographique dont il aurait pu souffrir face à l’héritage du créateur de la franchise, George Lucas. A l’instar de J. J. Abrams, […] il le fait sien, sans retenue.» (The New York Times)

«Le meilleur Star Wars depuis des décennies. […] Le réalisateur […] est un conteur habile qui maîtrise les univers de la science-fiction, du roman noir et de hall de gare, et qui sait les mêler […]. Certes, bien des choses sont de l’ordre du déjà-vu […], mais avec tant d’assurance, avec une audace si assumée que non seulement elles donnent l’impression d’avoir quelque chose de nouveau, mais qu’en plus, elles sont carrément foutrement géniales.» (The Daily Beast);

Si «la saga […] renoue avec l’émotion, l’euphorie et la surprise» pour le Los Angeles Times, dans ce que Wired qualifie de «réinvention presque parfaite de la franchise», le critique de Variety, lui, est resté sur sa faim:

Si «Les Derniers Jedi» est d’un niveau relativement élevé pour un film issu d’une franchise, le travail de Johnson, au bout du compte, est décevant. […] Il a fini par réaliser le chapitre le plus long […] et le moins intéressant de la série.

Pendant ce temps, Première fait dans l’originalité en publiant d’emblée cet avertissement: «Evidemment, il est très difficile d’écrire sur le dernier Star Wars sans révéler certains éléments-clefs de l’intrigue: c’est pourquoi cette critique ne contient aucun spoiler dans la limite du possible, c’est-à-dire qu’on suppose que son lectorat a vu Le Réveil de la Force et les deux bandes-annonce des Derniers Jedi. Une critique plus développée, sans aucun respect pour les spoilers, sera publiée après la sortie du film.»

Mais là aussi, le magazine aborde le propos via le thème de l’héritage, quasi psychanalytique dans la dimension œdipienne de l’histoire du cinéma, en jugeant que cet opus-là «cherche moins le décorum de space opera qu’à régler son sort à l’héritage plus ou moins encombrant de la mythologie de George Lucas. […] Plus de Wars, moins de Star. Un film de guerre qui laisse souvent bouche bée face à son sens du cadre et son ampleur dingues. Mais, en fin de compte, c’est le poids hallucinant du drame – familial, politique – qui donne toute sa puissance aux Derniers Jedi.»

Alors, conseille encore Première, «venez pour le spectacle, restez pour la tragédie. Machines infernales, Sophocle dans les étoiles.» Le mot «hybris» (du grec ancien démesure, orgueil) «revient sans cesse dans la bouche de Luke Skywalker (Mark Hamill, aussi cool que bouleversant, fait face au rôle de sa vie). […] Le film exprime que l’épreuve ultime de notre pop culture en 2017, c’est justement de devoir brûler les vieilles choses, les objets de notre nostalgie qui nous inspirent autant qu’ils nous enferment.»

Brûlez donc, pauvres mortels, et que la Force soit avec vous.


«Star Wars: Les Derniers Jedi (Star Wars: The Last Jedi)», de Rian Johnson (Etats-Unis, 2017), avec Daisy Ridley, Adam Driver, John Boyega, Mark Hamill, Carrie Fisher, Domhnall Gleeson, Benicio Del Toro, Kelly Mary Tran, Gwendoline Christie, Andy Serkis, 2h32. Sur énormément d’écrans en Suisse romande et dans le reste de la galaxie.


A lire aussi, sur le même thème:


Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)