Si un secteur n’a pas encore été complètement révolutionné par la transformation technologique, c’est bien l’agriculture. Pourtant, son heure semble arrivée. De nombreuses tensions traversent ce marché, qu’elles soient commerciales (avec les frictions au niveau international) ou climatiques, ce qui crée de l’espace pour de nouvelles idées. Des start-up s’activent dans le domaine et la transformation qui vient ira beaucoup plus loin encore que celle déjà actée, qu’il s’agisse des robots récolteurs ou des drones qui permettent de moins sulfater – de géniales inventions déjà à l’œuvre aux champs.

Une combinaison d’idées entrepreneuriales audacieuses et d’innovations fait son apparition. Ainsi, le réseau américain Farmers Business Network (FBN) agit comme une plateforme d’échange pour 7000 cultivateurs. Un moyen pour eux d’échanger au sujet des prix et de l’approvisionnement des semences, un secteur très opaque, mais aussi un formidable levier pour passer des commandes ensemble face à des fournisseurs jusqu’ici mieux organisés qu’eux.

Investisseurs de taille

De grands investisseurs observent toutes les start-up du domaine et placent d’ores et déjà leurs pions. C’est le cas notamment de Google et de Temasek, le fonds souverain de Singapour. Les deux ont investi 100 millions de dollars dans FNB. IBM de son côté soutient financièrement la nigériane Hello Tractor, une app qui veut mettre la blockchain au service des paysans. Quant au bras financier de Dubaï, il a investi 250 millions de dollars dans l’américaine Indigo, une autre start-up très observée dans ce monde encore émergent de l’agritech. Indigo comme FBN ont la particularité d’innover dans différents domaines de l’agriculture en même temps. Comme si ces nouveaux acteurs testaient plusieurs points d’entrée de la chaîne de valeur afin de comprendre là où ils pourront jouer les disrupteurs avec le plus d’efficacité.

Pour l’instant, les Etats-Unis gardent un temps d’avance car ils possèdent tout ce qu’il faut pour faire croître cette nouvelle industrie: un grand marché intérieur, une capacité d’innovation redoutable et des investisseurs prêts à poser les premiers millions sur la table. Mais de jeunes pousses naissent partout dans le monde de l’agritech, que ce soit en Asie ou en Europe, et même en Suisse, où Gamaya s’impose comme figure de proue.

Américains devant

Reste que sur le podium des valorisations, les entreprises américaines caracolent en tête. FBN pèse déjà 660 millions et Indigo 3,2 milliards de dollars. Ce qui donne littéralement des ailes à cette dernière, puisqu’elle a annoncé cette semaine le rachat d’un satellite et d’une compagnie d’intelligence artificielle afin de proposer des outils d’aide à la décision à ses clients. L’avenir de la technologie sera bel et bien vert.