Le 11 décembre 2020, Le Temps publiait un article intitulé: «Les absences de l’élue genevoise Stéfanie Prezioso à Berne font jaser». Il était fondé sur une suite de propos médisants courageusement anonymes. Rappelons que ma colistière Jocelyne Haller n’a pas souhaité assumer son mandat à Berne, ce qui m’a conduite à siéger au Conseil national, comme le prévoit la loi électorale. Or, votre intertitre, qui reprend les dires de l’un de vos informateurs anonymes «Une imposture depuis le début», met en cause mon intégrité en laissant entendre que je me serais fait passer pour ce que je ne suis pas. De même, votre reprise de l’insinuation selon laquelle je serais une personne «sans envergure» dénigre gratuitement mes compétences. Tout cela ressemble à un dossier à charge construit sur du vent.

Entreprise de dénigrement

Concentrons-nous sur les faits. Je m’étonne que Le Temps, qui se revendique d’un journalisme sérieux, se soit contenté de relayer les affabulations de quelques «corbeaux» sans chercher à vérifier ses sources. Le Temps aurait pu se faire une idée de mon activité à Berne en consultant ma page sur le site du parlement qui liste les dizaines d’objets que j’y ai amenés (questions, interpellations, motions, postulats), sans parler des amendements aux projets de loi. Ce n’est pas un hasard si la NZZ vient de me désigner comme l’élue la plus à gauche du parlement. Il aurait pu noter mes nombreuses apparitions dans les médias romands (24 heures, GHI, Tribune de Genève, La Région, Le Matin, Léman Bleu, RTS, etc.), alémaniques (NZZ, St Galler Tagblatt, Weltwoche, TeleBasel, Nau. CH, etc.), et tessinois (SwissInfo, RSI). Le Temps aurait pu lire mes communiqués de presse et mes lettres d’information, adressées à des milliers de personnes, après chaque session. Il aurait pu noter que mes prises de position ont même eu un écho à l’échelle internationale.

Je me bats pour pouvoir siéger au Conseil national et voter dans des conditions qui ne mettent pas ma vie en danger

Cette entreprise de dénigrement s’appuie aussi sur un compte rendu spécieux d’un mandat communal que j’ai assumé brièvement. «En 2014 et 2015, lors de sa brève apparition au Conseil municipal de la ville de Genève, en tant que vient-ensuite, relève Le Temps, Stéfanie Prezioso s’était également faite discrète.» Ayant dû accepter de siéger en fin de législature, pour remplacer un élu démissionnaire, j’arrivais effectivement en retard aux séances plénières du mercredi en raison d’un cours donné à 250 étudiants de l’UNIL que je ne pouvais déplacer. Malgré cela, mon groupe m’a demandé de ne pas renoncer à mon siège. Je me suis ainsi investie sur d’importants dossiers, notamment culturesl (le Musée d’art et d’histoire et le Théâtre St-Gervais). J’ai d’ailleurs été élue au bureau du conseil de fondation de ce théâtre en 2015, où j’ai siégé jusqu’en 2020.

Atteinte à l’honneur des femmes

Non content de relayer des jugements dépréciatifs non assumés, Le Temps termine son article sur l’évocation de ma possible démission, qui n’est pourtant pas à l’ordre du jour, du Conseil national, alors que je me bats pour pouvoir y siéger et voter dans des conditions qui ne mettent pas ma vie en danger. Un combat que je mène pour toutes les personnes très vulnérables qui, depuis la décision irresponsable du 22 juin, ne sont plus protégées par un cadre réglementaire fédéral. Cela conduit Le Temps à insinuer que je serais à Berne pour «chauffer un siège» en faveur de mon mari, qui me succéderait en cas de retrait. Selon l’un de vos informateurs: «On a affaire à un clan qui place ses pions en faisant fi de la démocratie.» Dans un pays qui a connu la mobilisation de plus d’un demi-million de femmes et d’hommes solidaires, cette imputation porte atteinte à l’honneur de toutes les femmes qui se battent en politique et cherchent à faire entendre leur voix.

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