Revue de presse

Stephen Hawking, ou la pas si brève histoire du génie qui s’est éteint

L’auteur du best-seller «A Brief History of Time» disparu, les médias rendent hommage à l’astrophysicien atteint de la maladie de Charcot qui fascinait les foules

C’était, comme le rappelle le site Futura Sciences, son best-seller Une Brève Histoire du temps (A Brief History of Time) – qui est resté sur la liste des records des meilleures ventes du Sunday Times pendant environ quatre ans et demi – qui l’avait «fait connaître du grand public»: le célèbre astrophysicien britannique Stephen Hawking est donc mort mercredi à l’âge de 76 ans à son domicile à Cambridge, au nord de Londres, ont annoncé ses enfants. Son génie scientifique et son handicap physique caractéristique avaient fait de lui une personnalité mondialement admirée.

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«L’amour n’est-il pas l’essence même de la vie?» réagit un internaute à sa célèbre formule que rappelle Le Monde: «Cet univers ne serait pas grand-chose s’il n’abritait pas les gens qu’on aime.» Alors, «merci Monsieur Hawking. A nous revoir dans quelques années…» Merci, oui, à cet homme «cloué dans un fauteuil et s’exprimant grâce à un ordinateur [qui] a consacré sa vie à percer les secrets de l’Univers et à populariser l’astrophysique, au point d’en devenir une star».


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Sans fard, le scientifique savait que son handicap avait un rapport avec sa célébrité: «Les gens sont fascinés par le contraste entre mes capacités physiques très limitées et la nature extrêmement étendue de l’Univers que j’étudie», disait celui qui, peu après son 21e anniversaire, en 1963, «apprend qu’il souffre d’une maladie dégénérative paralysante, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot. Les médecins ne lui donnent que deux ans à vivre.» il s’agissait d'«une brève erreur de calcul, sans doute», ironise un brin le Daily Telegraph, cité par Courrier international.

«Son corps décline inexorablement», cependant. «En 1974, il est incapable de se nourrir ou de sortir de son lit par lui-même», poursuit Le Monde. Et onze ans plus tard, «il perd définitivement l’usage de la parole après avoir subi une trachéotomie à la suite d’une pneumonie. Mais son esprit est intact.» Cette image de corps désarticulé dans lequel vit un cerveau hors norme valide alors un mythe populaire, celui «d’une science qui ne serait qu’un pur produit de l’esprit, détaché des contingences matérielles».

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Son «plus beau résultat […] date de 1974», indique à ce propos Le Figaro. A cette date, le chercheur est alors «le premier à réussir» un exploit conceptuel alors impensable: «Associer les constantes fondamentales de la relativité générale avec celles de la mécanique quantique, deux théories a priori incompatibles, dans une même équation. Elle décrit la manière dont les trous noirs devraient «s’évaporer» en émettant un léger rayonnement. Cette radiation Hawking, bien trop faible, n’a jamais pu être observée de son vivant, le privant du Prix Nobel qu’il aurait mérité», comme le pense aussi la chaîne américaine CNN:

Mais, démolissant au passage le mythe susdit de l’esprit détaché des contingences matérielles, le quotidien français est un des rares médias à remettre les choses en place en écrivant que Hawking était «au cœur d’un système complexe», «éminemment matériel» – justement – «qui lui permettait d’exister et de produire de la science», assisté de ses étudiants sans lesquels il n’aurait en réalité rien pu faire.

De facto, «il ne pouvait exister qu’au sein de cet étroit réseau, invisible depuis l’extérieur», surveillant «attentivement sa communication» avec ce «statut d’icône» qui «lui a ouvert toutes les portes»: «Les papes comme les présidents américains l’ont naturellement reçu. Il est devenu un personnage de la pop culture à part entière, s’invitant dans les shows télévisés américains ou dans des séries comme Les Simpsons ou Star Trek.» Sans compter le biopic qui lui a été consacré par James Marsh et qui a valu à son interprète, Eddie Redmayne, l’Oscar du meilleur acteur.

Un aspect de sa vie auquel le Guardian consacre un passionnant article. Cette implication dans le «réel» de tout un chacun a évidemment grandement contribué à sa notoriété. Rarement un scientifique n’en a connu de telle, ni «bénéficié d’une telle caisse de résonance médiatique. Ses propos sur l’inexistence de Dieu, les extraterrestres ou l’euthanasie ont systématiquement été écoutés et relayés, quels qu’en soient l’intérêt ou la pertinence.» Ils ont aussi heurté les sensibilités les plus «conservatrices» ou influencées par la religion, choquées par son athéisme et heureuses à ce jour qu’il «brûle en enfer»:

N’empêche – et foin de viles croyances –, «le professeur Hawking était un être unique, dont on se souviendra avec affection non seulement à Cambridge, mais dans le monde entier», a affirmé Stephen Toope, le vice-président de l’Université de Cambridge, où Stephen Hawking avait étudié et travaillait, relaie le HuffingtonPost.fr. «Son exceptionnelle contribution au savoir scientifique, aux mathématiques et à la vulgarisation laisse une contribution indélébile.» Et sur Twitter, la NASA a salué «un physicien de renom et un ambassadeur de la science». «Ses découvertes ont ouvert un univers de possibilités que nous et le monde continuons à explorer», a déclaré l’agence spatiale américaine:

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