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Guy Parmelin à Berne le 9 mars 2018.
© PETER KLAUNZER

Revue de presse

Stocks de munitions de l’armée suisse: 3,6 milliards, est-ce assez?

De nouveaux calculs comptables ont permis plus de transparence sur ce chiffre dont certains parlementaires s’alarment. D’autant que le DDPS ne s’est pas montré particulièrement économe dans ses demandes budgétaires

Il y a un peu plus d’un an, le conseiller fédéral Guy Parmelin avait largué une petite bombe en déclarant à la presse que les stocks de munitions de l’armée suisse étaient si faibles qu’en cas d’«urgence», ils seraient épuisés au bout de quelques jours seulement. Il fallait donc, selon lui, augmenter rapidement les réserves. En 2017, il a donc demandé 381 millions de francs au parlement «pour refaire le plein de cartouches, de balles et d’obus-flèches», précise Le Matin.

C’était la plus grande quantité de munitions demandée depuis longtemps, mais aussi l’une des plus controversées, comme le rappelait le Tages-Anzeiger ce lundi. Même le conseiller national Jean-René Fournier (PDC/VS), qu’on ne soupçonnera pas d’antimilitarisme débridé, s’en était plaint. Selon lui, «la planification des achats de munitions laissait beaucoup à désirer», c’était «le moins qu’on puisse dire».

Guy Parmelin fédéral avait donc prévu ce fameux achat au programme d’armement, mais le soupçon était évident qu’il voulait combler le vide créé par la clôture du projet de défense sol-air DSA (Bodluv) 2020. Selon le Tagi toujours, ce soupçon était alimenté par le refus du département de la Défense (DDPS) de répondre aux questions sur cette prétendue crise de munitions. Mais quelle est la taille réelle des stocks de l’armée? s’est alors demandé le quotidien zurichois. De quel «scénario d’urgence» parle-t-on? Pendant longtemps, ces informations relevaient du secret défense, le DDPS «décidait de tout», histoire de «pouvoir stopper l’ennemi» plus facilement, sans demander l’avis de personne.

On travaille «avec une boîte noire»

Mais depuis 2015, tout a changé, avec de nouvelles règles comptables qui exigent plus de transparence. «Au cours des deux dernières années, les spécialistes de l’armée ont examiné tous les stocks et les ont classés en fonction de leur âge et de leur état.» Du coup, on a appris que la Confédération détenait «actuellement des réserves de munitions d’une valeur de 3,646 milliards de francs»! La conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD) a ainsi regretté qu’il y ait «trop peu d’informations à disposition du parlement et de la population dans ce domaine» dans le 19h30 de la RTS. Et que «sur ce sujet», on travaillait «avec une boîte noire». «Le stock est entièrement utilisable. La valeur inclut toutes les sortes de munitions, indispensables pour l’instruction et l’engagement réel», rétorque l’armée, «qui ne donne pas de chiffres supplémentaires»:

Ce qui ne veut pas dire qu’elle «dispose de trop de munitions», précise Le Matin, alors qu’on aurait tout lieu de qualifier ce stock de «trésor national», comme le fait la RTS. Car la Grande Muette «utilise surtout des balles et cartouches d’entraînement en temps de paix et elles sont moins chères que celles utilisées lors de cas sérieux. En outre, les armes les plus coûteuses ne sont presque jamais utilisées et sont stockées pour les urgences.» Mais «gouverner, c’est prévoir», s’était défendu le chef du DDPS, au cas où l'«on devait engager».

Des dépenses vraiment nécessaires?

Ce montant inscrit dans les comptes 2017, dit le Tagi, semble relativement élevé, surtout si on le juge à l’aune de la consommation réelle de munitions des Forces armées suisses, qui a été de 60 millions de francs en 2016 et en 2017, selon les chiffres communiqués par le DDPS. Soit environ 1,3% des réserves totales. Seulement voilà, on le sait: en politique, «on ne peut se satisfaire de tels calculs», et personne ne semble «capable de juger si les dépenses importantes pour les achats de munitions sont vraiment nécessaires», disent certains.

Il faut donc aller plus loin et juger si les députés inquiets ont raison de «s’alarmer» du fait que la Suisse soit «assise sur une telle montagne de cartouches», propose le Blick. Voir aussi si Guy Parmelin est bien «en pleine séance de stockage» inutile. Le Vert zurichois Balthasar Glättli voit par exemple «des économies potentielles» sur ce terrain, notamment en ce qui concerne les coûts de suivi – stockage et destruction ultérieure après la date d’expiration. «Il est clair que ces coûts seraient moindres avec une réserve de munitions plus réduite», dit-il au Tages-Anzeiger.

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