Revue de presse

Pourquoi Stonehenge nous fascine tant

Les nouvelles découvertes qui viennent d’être faites sur le site néolithique le plus célèbre du monde épaississent encore un peu plus le mystère. Notre civilisation n’en a pas fini de s’interroger sur ses archaïsmes

Il a déjà son surnom, ce «Superhenge», dont la presse du monde entier vient de parler, jusqu’au Japan Times. A moins de trois kilomètres des célèbres mégalithes de Stonehenge («pierres debout», en vieil anglais) ont donc été découvertes environ 90 nouvelles pierres couchées et enterrées sous environ un mètre de terre. Une architecture monumentale qui change toute la façon d’interpréter le site mythique situé dans le sud de l’Angleterre, annoncée par le Stonehenge Hidden Landscapes Project à la BBC.

Mais pourquoi ce site érigé entre 2800 et 1100 av. J.-C., pendant le Néolithique à l’âge du bronze, fascine-t-il tant? Parce que «depuis des siècles, […] nombreux sont les historiens et paléontologues à s’être confrontés à ce monument préhistorique pour tenter d’en élucider les secrets, lit-on sur le site Maxisciences. Toutefois, malgré les innombrables études menées sur cet alignement circulaire de menhirs, certaines questions demeurent, et les nouvelles découvertes réalisées au fil du temps ne font qu’épaissir le mystère.»

Rappelons-le comme le fait RTS Info: «Stonehenge est un des alignements de menhirs les plus importants au monde». Et le fameux «mystère», qui «reste entier», c’est «la manière dont les mégalithes ont été transportés, érigés et alignés avec les mouvements du soleil. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1982, ce site [avec le cromlech d’Avebury, à une quarantaine de kilomètres au nord] attire plus d’un million de visiteurs par an.» Avec notamment un pic lors du solstice d’été, où l’on vient y admirer le lever du soleil:

Cette nouvelle découverte nous plonge dans les archaïsmes qui fondent la civilisation celtique. Et voici pourquoi, selon Le Huffington Post: «Contrairement aux pierres composant le site principal de Stonehenge disposées en forme de cercles, celles-ci sont presque alignées, et formeraient selon les chercheurs une arène rituelle religieuse. Comme le rappelle le Guardian, une maisonnette en bois a en effet été trouvée à proximité. Ce type de construction servait aux hommes préhistoriques pour ôter la chair de leurs congénères décédés.» Oter leur chair! Pourquoi? Comment? Vertige.

Ces vieilles pierres «semblent aujourd’hui allongées, ajoute Slate, mais elles devaient se tenir debout, à l’origine. Elles auraient été délibérément enterrées», suppose The Independent: «C’est un exemple dramatique de comment un site passe d’une religion à une autre.» Et aussi un exemple, aujourd’hui, du magnétisme que peut opérer un tel site sur notre conscience contemporaine. Il suffit pour cela d’aller consulter le site Instagram dédié pour se rendre compte de l’infinie créativité qu’il peut susciter:

Selon Le Vif belge, les scientifiques «n’ont pas encore trouvé d’explications précises sur le fait que les pierres – posées sur leur côté – ont été enfouies sous terre.» Il confirme qu’il pourrait s’agir d’une œuvre de protection d’une «symbolique religieuse». Et les scientifiques supposent que les mégalithes ont été placés là «par les mêmes personnes qui ont construit Stonehenge il y a 5000 ans».

Si le site n’a donc «pas livré tous ses secrets», selon le site Radin Rue, «comme plusieurs théories le laissent entendre, la nouvelle découverte va dans le sens d’un site global qui serait un immense centre spirituel dans lequel les ancêtres de notre civilisation se recueillaient et priaient une ou des divinités». Un Vatican du néolithique, une Mecque du bronze, en somme! Sur la page Facebook de Stonehenge, les interrogations continuent, et les yeux incrédules des visiteurs continuent à s’écarquiller devant «ce lieu magnifique pour le corps et l’esprit»: «They did that!» s’exclame Katy Murphy.

«C’est cool»

La découverte fascine aussi parce qu’elle en est une, précisément, ce que formule avec enthousiasme un certain «arkeologik geek» sur le site de 20 minutes: «C’est cool de voir que de nos jours on peut encore faire des découvertes en Europe et que tous les horizons ne sont de loin pas encore tous exploités et connus pour la jeunesse à venir.» D’ailleurs, si l’on utilise Google Earth, un internaute de L’Express «constate que tout autour de Stonehenge, il y a des structures circulaires visibles par satellite […] Je pense que ce site est extrêmement riche et nous réserve de belles surprises dans le futur!»

On en redemande, oui.

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