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Le stress test bancaire, un succès européen

La réalisation d’un exercice aussi volumineux que complexe qu’est l’examen de 130 banques montre que l’Union européenne sort renforcée de la crise

Editorial

Le stress test bancaire, un succès européen

Rendons à César ce qui appartient à César. Le 13 avril 2011, Dominique Strauss-Kahn, alors directeur du Fonds monétaire international, rendait les dirigeants européens attentifs à l’état précaire des banques de la zone euro, qui représentait une menace pour la stabilité financière et économique mondiale. On y est. En panne, l’Union européenne tire la croissance de toute la planète vers le bas.

Contrairement aux Etats-Unis, où les marchés constituent la principale source de financement pour l’économie, en Europe, la dépendance envers les banques est presque totale. Ces dernières années, elles ont fermé le robinet du crédit. On voit les conséquences. Ce n’est pas que les banques aient les caisses vides; elles profitent largement de divers programmes d’aide de la Banque centrale européenne, empruntant à des taux d’intérêt négligeables. Si elles ne prêtent pas à l’économie, c’est qu’il subsiste encore une crise de confiance entre elles et la politique. La méfiance règne aussi dans la mesure où beaucoup d’argent public, entre 1000 et 1600 milliards d’euros, a été mis à contribution pour sauver plusieurs institutions bancaires vacillantes.

Les résultats du stress test publiés hier devraient aider à restaurer la confiance. Personne ne s’attendait à un drame. La BCE n’ordonne la fermeture d’aucun établissement. Vingt-cinq banques ont toutefois montré des faiblesses, et seulement treize d’entre elles devront augmenter leurs fonds propres. On peut pousser un ouf de soulagement.

Ainsi le stress test a agi comme une épée de Damoclès sur le secteur bancaire, le poussant à se réformer et à se consolider. La supervision bancaire ne s’arrête pas avec la publication des résultats de ce test de résistance. L’union bancaire, la réponse européenne à la crise bancaire, devient réalité. Désormais, la zone euro dispose d’outils non seulement pour apporter des solutions aux crises financières, mais mieux encore pour les prévenir. Elle impose une certaine transparence à un secteur plutôt opaque.

Pour l’UE, dont les décisions ne sont pas faciles à prendre, surtout lorsqu’il s’agit de réglementer de grands secteurs d’activité économique, il s’agit d’un succès encore inimaginable il y a seulement quelques années. En fin de compte, la réalisation d’un exercice aussi volumineux et complexe que le stress test de 130 banques montre que l’Union sort renforcée de la crise. L’appel lancé en 2011 par Dominique Strauss-Kahn a été entendu.

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