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Candide

Stresser les rates, biologie de l’homosexualité

Parution du premier livre français soutenant la thèse de l’origine biologique de l’homosexualité. Mais le plus intéressant est de savoir ce que les gays eux-mêmes préfèrent croire.

Les scénaristes et romanciers ne s’intéressent pas assez à la recherche scientifique. Tenez, par exemple: en ce moment même, dans des laboratoires, des biologistes s’appliquent à créer des rats homosexuels en modifiant le taux d’hormones de leur mère pendant qu’ils sont encore dans son ventre. Je trouve qu’il y a, dans ce type de personnage, une épaisseur romanesque sous-exploitée. Je me demande aussi ce qu’en pense Brigitte Bardot.

J’ai appris l’existence de ces recherches en écoutant, sur RTBF, une interview du neuroendocrinologue Jacques Balthazart. Le professeur belge est l’auteur du premier ouvrage en français soutenant la thèse de l’origine biologique de l’homosexualité.

Son hypothèse, vérifiée sur les rats, est que les individus homosexuels ont été soumis, durant une période précise de leur vie embryonnaire, à un taux atypique d’hormones – plus d’androgènes pour la femme, moins pour l’homme. Le professeur précise que l’on peut obtenir, en laboratoire, de telles modifications sans toucher les rates enceintes, simplement en les stressant («Que faites-vous dans la vie?» demande, dans le film, l’héroïne au héros. «Je stresse des rates», répond-il, ce qui la fait craquer.) Jacques Balthazart cite une étude tendant à légitimer la transposition de ces observations à l’être humain: parmi les enfants nés à Berlin entre 1940 et 1945, on a observé un pic inhabituel d’homosexuels.

La preuve que le stress a changé la chimie de leur maman enceinte? Quand on sait que l’on peut modifier la biologie d’un bébé en le tenant, ou non, dans ses bras, on se persuade que le vieux débat sur l’inné et l’acquis peut tourner à vide encore longtemps.

Ce qui change, et qui est nettement plus intéressant à observer, c’est ce que les gays préfèrent en penser.

Pendant longtemps, ils ont repoussé massivement la thèse de l’origine biologie de la préférence sexuelle. Il faut dire que les premiers à s’y intéresser étaient les nazis. En 1993, alors qu’une recherche américaine faisait rebondir le débat, les enthousiastes, outre-Atlantique, étaient déjà nettement plus nombreux. En France, un groupe de gays chrétiens suivait ce mouvement: si Dieu m’a créé ainsi, je n’ai plus à me sentir coupable, se réjouissaient-ils. Mais une majorité de leurs compatriotes supportait mal qu’on les prive de leur libre arbitre. Le front, en Europe, était très divisé: une enquête menée par le Département des gays et lesbiennes de l’Université d’Utrecht, en Hollande, recensait 50% de partisans du «je suis né comme ça» et 50% du «c’est mon choix».

Et aujourd’hui? Je n’ai pas connaissance d’un sondage récent, mais j’observe une tendance générale en faveur de l’inné. Un indice: les recherches sur la biologie de la préférence sexuelle émanent volontiers des milieux gays (Modification du scénario: «Je stresse des rates», dit-il, ce qui LE fait craquer).

Le blog Gay Kosmopol s’enthousiasme: enfin, il est scientifiquement prouvé qu’aucun être humain n’est responsable de son orientation sexuelle! Je vois bien qu’une telle conviction soulage beaucoup de monde. Personnellement, elle me stresse terriblement. Dommage que je ne sois pas enceinte, on aurait pu observer le résultat.

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© Gabioud Simon (gam)