La semaine a été particulièrement alpine. Et surtout à cause du ski alpin, dont c'est les championnats du monde à Sankt-Anton, chez les plus alpins des alpins, les Autrichiens. Les espoirs suisses reposent sur les épaules et dans les jambes de Didier Cuche. A défaut de le suivre sur la piste, suivons-le dans le texte.

Lundi: «Ma courbe de forme est parfaite. Je me sens de plus en plus en confiance.»

Mardi: «J'ai senti samedi et dimanche que j'étais compétitif. Et même mieux. Le grand changement a été un réglage au niveau de la chaussure de descente. J'ai eu l'impression de ne pas pouvoir suivre les skis tellement ils allaient vite.»

Mercredi: «J'étais sur mes lignes, mais je n'avais pas l'impression d'aller vite.»

Jeudi: «Je ne me pose plus de questions, tout se fait d'instinct.»

Vendredi: «J'avais les jambes en feu. La fatigue ne vient pas de la saison. Cela me brûlait déjà hier. Si demain je vole plus haut sur le saut, je ne suis pas sûr de me relever.»

Allez savoir pourquoi, on a le sentiment qu'il ne peut pas gagner.

«Menace sur les Alpes!» Arte a diffusé jeudi soir une émission sur le réchauffement de la planète, et ça fait froid dans le dos. Dans Télé Top Matin, le météorologue Philippe Jeanneret constate: «Nous devrons monter de plus en plus haut pour trouver de la neige. Bientôt, ce sera fini de dévaler les pistes entre décembre et avril.» Voilà qui devrait rendre les Autrichiens un peu moins arrogants.

Les stations de ski veulent s'équiper de «webcams» nous explique Hôtel et Tourisme Revue, pour que les skieurs puissent voir depuis leur ordinateur à la maison quel temps il fait et comment est la neige. «Notre souhait est bientôt d'en avoir une demi-douzaine, indique-t-on à Crans Montana Tourisme, trois sur les pistes de ski, une sur le golf, une autre pour les promenades et une pour la piste de luge.» Mais bientôt ce sera pour voir la couleur de l'herbe.

Les Alpes, c'est aussi le lynx. L'analyse du poil retrouvé sur les lieux de l'agression aux Agettes en Valais n'a pas permis de déterminer s'il s'agissait d'un poil de lynx ou d'un poil de «chat domestique», relève l'ATS. «Ça n'a pas d'importance», a commenté le chef du Service de la chasse, Narcisse Seppey. Aurait-il dit la même chose si l'analyse avait confirmé qu'il s'agissait bien d'un poil de lynx? Mais c'est déjà bien qu'on ait retrouvé un poil.

«Alerte rouge sur les Alpes!» Le SonntagsBlick de dimanche dernier révèle que la station Mir pourrait bien théoriquement tomber sur les Alpes en Suisse: «Si la station devait tomber chez nous, nous devrions aussi rapidement que possible déterminer où se trouvent les débris, afin de les rassembler.» De quoi en faire un jeu, un puzzle en trois dimensions pour l'armée.

Enfin, les Alpes ne seraient pas les Alpes sans les tunnels. La France et l'Italie et la ville de Turin présentaient le percement d'un tunnel ferroviaire entre Saint-Jeande-Maurienne et Suse. Il y a deux semaines, c'était trois conseillers d'Etat valaisans qui présentaient le projet du tunnel Martigny-Aoste. Encore une fois, c'est Turin qui rafle la mise.

On ne roulera pas à 30 à l'heure dans les Alpes. L'éditorialiste du journal du Touring n'y va pas de main morte pour critiquer l'initiative et donne un exemple édifiant: «Il y a peu, un petit garçon jouait dans une malheureuse et récente «zone 30» mal signalisée. Entre une rangée de maisons et une allée d'arbres. A quelques mètres du croisement avec une autre «zone 30». Aujourd'hui, une girouette-fleur en plastique coloré marque l'endroit de ses derniers instants.» Terrible. Dans une «zone 50», la voiture aurait passé longtemps avant l'arrivée du petit garçon.

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